Belgique

Les tests d'évaluation en lecture et en production d'écrits dans les classes de 2e et 5e primaire, ainsi qu'en 2e secondaire, ne seront ni annulés, ni postposés. Au cabinet de la ministre-Présidente de la Communauté française, Marie Arena (PS), en charge de l'enseignement obligatoire, on confirmait lundi le maintien de ces épreuves (conçues par des inspecteurs, des enseignants et une équipe universitaire) auxquelles seront soumis 150 000 élèves. Malgré l'émoi soulevé par le choix de 2 textes proposés aux enfants.

C'est surtout la "Rédaction" tirée du recueil "Encore des histoires pressées" du Français Bernard Friot (lire ci-contre), que devront lire les élèves de 5e primaire, qui a suscité une certaine émotion, voire de l'indignation.

Un choix "maladroit", de l'aveu même de la ministre Arena, mais qui ne remet pas en cause le bien-fondé de cette évaluation externe. Les enseignants de 5e primaire ont été invités, par circulaire ministérielle, à faire précéder l'épreuve d'un petit avertissement aux enfants (lire ci-dessus).

Au cabinet Arena, on se défend d'un autre reproche, adressé par la chef de groupe MR au parlement de la Communauté française, Françoise Bertieaux : l'épreuve serait invalide dans la mesure où le texte circule et que les élèves pourraient s'y préparer, biaisant ainsi les résultats.

Un choix malheureux

"Il ne faut pas surestimer l'éventuelle information préalable des élèves. Cette évaluation n'est ni une dictée, ni un exercice de mémorisation. Les questions qui seront posées visent la compréhension fine du texte : son organisation, le rapport entre les mots, son ordre chronologique, les pronoms personnels..." La "Rédaction" de Friot, texte narratif, sera proposée aux gamins de 5e avec 3 autres textes : une autre histoire, un texte littéraire et un texte informatif sur la désertification en Afrique

Le cabinet Arena insiste sur l'importance de ces épreuves d'évaluation externe, qui ne sont pas certificatives (autrement dit : ça ne compte pas pour le bulletin) mais qui ont une fonction formative. "Question par question, les enseignants recevront les résultats de leurs élèves par rapport à l'ensemble de la Communauté française. Cela les aidera à évaluer leur enseignement et, le cas échéant, à ajuster le tir."

Les coups de téléphone des directions d'école ont afflué, lundi, dans les états-majors des différents pouvoirs organisateurs.

"Nous n'aurions pas choisi le texte incriminé, essentiellement parce que les enfants ont un rapport flou à la norme", indique Godfroid Cartuyvels, secrétaire général de la fédération de l'enseignement fondamental catholique. "C'est un choix malheureux, mais il faut comprendre l'ampleur de l'émotion à la lumière des événements de Dinant." Ces réactions s'expliquent aussi par la manière dont les corrections (par les titulaires des classes concernées) ont été prévues : "C'est un gros problème : le fonctionnement des écoles risque d'être perturbé". Ce nouveau dispositif fait donc ses maladies de jeunesse... Cela étant, "il faut respecter le décret et on ne souhaite pas se mettre en marge ". Traduisez : il n'est pas question d'appeler au boycott des tests. "L'évaluation externe est extrêmement importante", insiste M. Cartuyvels, qui n'a entendu "aucune remise en cause de principe".

Egalement interpellé, le Conseil de l'enseignement des communes et des provinces estime que "les valeurs véhiculées dans les tests heurtent à juste titre directeurs et enseignants", amenant certains d'entre eux à refuser la participation de leurs élèves à ce type de tests. Il déplore ne pas avoir été associé à l'élaboration des tests ni consulté quant à la pertinence des contenus.