Belgique

Le Mouvement populaire flamand - Vlaamse Volksbeweging - n'a plus l'aura qu'il avait dans les années 60 et 70 lorsqu'il était à la pointe du combat nationaliste nordiste dans la périphérie bruxelloise et à Louvain et qu'il fut une sorte de coupole entre les partis plus ou moins acquis à sa cause. Mais il demeure un aiguillon pour les partis en quête de confédéralisme ou de séparatisme...

A cet égard, la désignation récente d'Eric Defoort comme son nouveau président mérite que l'on s'y arrête un moment, même de ce côté de la frontière linguistique. Car l'intéressé n'est pas le premier venu. C'est d'abord un excellent connaisseur du sérail politique. Ne fut-ce que parce qu'il en a fait partie. Mais toujours de manière très indépendante. Et n'hésitant pas à ruer dans les brancards lorsque la situation n'était plus en phase avec ses opinions...

Eric Defoort fut actif à la Volksunie (il en fut même le vice-président) puis dans les rangs de la Nieuw-Vlaamse Alliantie. Mais c'est surtout un historien reconnu au nord du pays. Et qui aurait intérêt à être suivi aussi en Belgique francophone. Il consacra ainsi sa thèse de doctorat à l'Action française dans le catholicisme belge entre 1898 et 1927. C'est aussi un homme qui a le sens de la communication, bon pratiquant de la langue de Voltaire.

Orateur à l'Ijzerwake

Parfois présenté comme "un homme de gauche" - parce qu'il collabora régulièrement comme critique de livres historiques au "Morgen" - il se définit lui-même comme un "social-démocrate" mais refuse les chapelles. C'est tellement vrai que l'on fut particulièrement surpris de le voir prendre la parole en août 2006 à l'Ijzerwake, l'alter-ego Vlaams Belang du pélerinage de l'Yser...

Aurait-il pour autant jeté aux orties ses convictions progressistes qui l'amenèrent à quitter la N-VA parce qu'elle ne voulait pas intégrer ses visions aux accents syndicaux ? La vérité est médiane : le nouveau chef de file du VVB a annoncé qu'il allait oeuvrer pour un rapprochement de tous les nationalistes flamands de la gauche à la droite de l'éventail politique. Et même de la droite de la droite puisqu'à ses yeux, on ne peut éliminer le Vlaams Belang des grands débats flamands, se disant convaincu "que certaines forces essaient d'affaiblir le Mouvement flamand en démonisant certaines de ses composantes". Et Defoort d'ajouter que "le combat politique de demain ne devra pas se livrer contre ceux qui partagent nos visions mais contre le monde extérieur". L'approche se veut plus positive, non plus "contre la Belgique mais pour une autonomie flamande ouverte aux autres cultures" sans négliger son identité flamande. Mais avec son secrétaire Peter De Roover, Eric Defoort annonce aussi un changement de style dans la manière de faire passer les message du VVB : "ce ne sera pas 'que la Belgique crève'mais une présentation positive des objectifs que la Flandre indépendante veut atteindre". Dans la même optique, le public visé ne sera plus le seul groupe des enfants et petits-enfants de vieilles familles flamingantes mais tous les Flamands qui se retrouvent dans ses objectifs.