Belgique Les évêques de Belgique ne veulent pas d’une extension de la loi aux personnes démentes.

Alors que le dossier de la gestation pour autrui a fait son entrée au Sénat, l’Eglise catholique belge remonte sur les barricades pour une autre question éthique qui finira par revenir à l’agenda : l’extension de la loi sur l’euthanasie aux personnes atteintes de démence.

La démarche sort des balises traditionnelles : ce n’est pas par une lettre officielle dont la diffusion demeure généralement cantonnée aux seuls fidèles que l’archevêque Léonard et la Conférence épiscopale entendent se faire entendre mais par voie médiatique. C’est pourquoi ils publient ce lundi une prise de position forte contre une possible extension de la loi dans les colonnes de "La Libre" et du "Standaard". Lors des débats sur l’extension de l’euthanasie aux mineurs, l’ensemble des cultes reconnus avait présenté un texte commun mais il n’avait guère eu d’écho du côté de la rue de la Loi.

Parler pour ceux qui ne le peuvent pas

L’Eglise a donc décidé de recourir à une communication plus directe. Les évêques commencent par y dire leur reconnaissance à ceux et celles qui sont engagés dans l’accompagnement des personnes fragiles, âgées, isolées mais aussi de celles souffrant d’un handicap mental profond ou gravement perturbées. Un suivi "qui répond à un choix purement éthique". "Mais nous craignons que ce choix soit mis à rude épreuve en raison du ‘climat d’euthanasie’ dans lequel nous baignons depuis 2002 et face au risque d’appliquer légalement l’euthanasie aux personnes démentes."

A leurs yeux, la dérive redoutée est devenue réalité. Car "les limites de la loi sont systématiquement contournées, voire transgressées. L’éventail des groupes de patients entrant en ligne de compte pour l’euthanasie ne cesse de s’élargir. La souffrance existentielle, comme, par exemple, la fatigue de vivre, est ainsi placée dans le champ d’application de la loi sur l’euthanasie par des personnes ayant autorité dans la société - sans indice de désordre psychologique ou psychiatrique sous-jacent, ce qui d’ailleurs n’est pas de la compétence de la médecine."

Les évêques s’inquiètent surtout de la demande d’élargissement de la loi aux personnes démentes au-delà du critère de "souffrance intolérable". C’est parce qu’elles ne peuvent se faire entendre que les évêques disent prendre la parole.Christian Laporte

>>>VOIR LEUR TEMOIGNAGE ICI<<<