Belgique

Il faut raison garder. Mais, en l'espèce, la coupe est pleine. Une nouvelle fois, les chauffeurs de bus des Tec de Charleroi ont décidé de se croiser les bras. Et l'on nous ressert, une fois de plus, le prétexte de la "grève émotionnelle". Cela suffit !

L'histoire est édifiante. Ce jeudi matin, au moment où les chauffeurs votent l'arrêt de travail, l'histoire est la suivante : un chauffeur a été agressé samedi par un voyageur qui le menaçait d'un couteau. L'homme s'est défendu et se retrouve néanmoins inculpé par la justice carolo. C'est trop injuste !

Quelques heures plus tard, après explication du parquet, l'affaire prend un tout autre visage. Un chauffeur a eu un échange de mots durant le trajet avec un handicapé qui souhaitait descendre entre deux arrêts. Au terminus, le chauffeur a saisi le handicapé par le collet et l'a projeté contre le bus. L'homme a alors sorti un petit couteau, menaçant le chauffeur. Ce dernier, par ailleurs ancien paracommando, a eu tôt fait de le désarmer, de le projeter au sol et de le rosser copieusement. Bilan : rate perforée, pneumothorax et deux vertèbres démises. Cinq jours en soins intensifs plus quinze jours d'invalidité. La scène a été entièrement filmée par deux caméras de surveillance.

Faut-il vraiment en dire beaucoup plus ? On pourrait encore admettre, à l'extrême limite, que faute d'information le matin, les chauffeurs soient sous le coup d'une émotion et veuillent manifester leur inquiétude. Mais il est inqualifiable, après que leurs responsables ont reçu toutes les explications de la part du procureur du Roi, qu'ils ont visionné le film des événements, qu'ils décident de poursuivre leur mouvement jusqu'à mardi, de l'étendre à d'autres réseaux.

Ils doivent, comme l'a utilement rappelé le ministre wallon des Transports André Antoine, laisser la justice mener son enquête.

Les organisations syndicales, qui pour l'instant couvrent encore ce conflit, sont mal à l'aise au vu des faits tels qu'ils se sont produits. Un responsable régional de la CSC de Charleroi vient de constater "qu'un bus n'est pas une zone de non-droit, et que les voyageurs ont le droit d'être sauvegardés au même titre que les chauffeurs", et que "tout n'est pas justifiable, et je ne peux donc pas penser que tout soit acceptable".

Voilà qui est parfaitement dit. Encore faut-il que ce soit entendu.