Belgique

Un peu plus de 40% (43% selon Infrabel) des trains circulaient jeudi matin durant l'heure de pointe matinale sur les grands axes ferroviaires du pays, indique la SNCB en milieu de matinée. En Wallonie, quasi aucun train ne roulait tandis qu'en Flandre, plus de 70% des trains circulaient. Vers 09h30, un piquet de grève s'était mis en place à l'entrée de l'atelier de Forest, "ce qui retarde ou empêche la préparation de certains trains", indique la SNCB, qui "recherche des solutions". Comme lors de la première journée de cette grève de 48 heures entamée mardi soir par les syndicats CGSP-Cheminots et CSC-Transcom, le sud du pays est la zone la plus perturbée.

"Aucun train ne circule sur les axes Namur-Bruxelles, Charleroi-Bruxelles, Liège-Bruxelles ainsi que sur la dorsale wallonne ou encore entre Namur et Arlon", précise l'entreprise ferroviaire. La circulation ferroviaire est, pour ainsi dire, quasi inexistante sur le territoire wallon, ce que confirment les chiffres d'Infrabel.

En Flandre, l'axe Bruxelles-(Liège)-Louvain est le plus perturbé, avec un train sur 3 en service, uniquement sur le tronçon entre Louvain et Bruxelles. Un train sur 2 circule sur la ligne Anvers-Bruxelles. Les autres axes importants en Flandre affichent quant à eux une fréquentation de plus de 80%, selon Infrabel.

Sur le tronçon de l'aéroport de Bruxelles-National, la situation est assez chaotique. Si seul un train sur trois a roulé entre 7 et 8h00 dans les deux sens, la situation est très variable d'heure en heure, prévient la SNCB.

Au niveau des trains internationaux, la circulation réduite prévue par Thalys pour la journée de jeudi se déroulait sans encombre en début de matinée, a précisé le service presse de l'entreprise vers 09h15. Quatre aller-retour entre Paris et Amsterdam, avec des arrêts en Belgique à Bruxelles-Midi et Anvers, doivent avoir lieu, ainsi que deux départs de Paris vers Bruxelles en soirée. Ces trains ont été maintenus "pour acheminer les clients Thalys qui n'ont pas pu reporter leur voyage", alors que le trafic avait été mis complètement à l'arrêt mercredi, premier jour de grève.

Pour rappel, les trains Eurostar ne circulent que sur une portion de la ligne Londres-Bruxelles durant toute la durée de l'action syndicale. Concrètement, la circulation n'a lieu qu'entre Londres et Lille-Europe.

En paralysant une partie du rail, les syndicats entendent manifester leur mécontentement après l'échec des négociations sur le protocole d'accord social 2016-2018 et les mesures d'augmentation de la productivité dans les chemins de fer malgré les économies imposées par le fédéral.



Touring Mobilis: une heure de pointe pas plus embouteillée que d'habitude sur les routes

L'heure de pointe matinale, jeudi, n'a pas donné lieu à des embarras de circulation exceptionnels sur les autoroutes, malgré la grève du rail qui se poursuit, menée par la CSC-Transcom et la CGSP-Cheminots. Selon Danny Smagghe, de Touring Mobilis, la situation sur le réseau routier belge était jeudi matin similaire à celle de mercredi aux mêmes heures. A l'heure la plus encombrée, 230 km de files cumulées ont été comptabilisés, selon Touring Mobilis, alors que la normale se situe "entre 200 et 250 km". Selon le porte-parole, le fait que la grève a été bien annoncée et a lieu dans une période plutôt calme de tout début d'année a joué un rôle.

Touring Mobilis prévoit environ 200 kilomètres d'embouteillages lors de l'heure de pointe du soir, jeudi.


Action de la CGSP Cheminots devant le cabinet de la ministre Galant jeudi matin

Une centaine de représentants de la CGSP Cheminots et de la CSC Transcom, accompagnés par des cheminots de l'ACOD venus d'Anvers et de représentants du mouvement citoyen Tout Autre Chose, se sont rendus en cortège depuis la rue de France à Bruxelles vers le cabinet de la ministre de la Mobilité, Jacqueline Galant, jeudi à 10h00.

Cette action, organisée lors de la deuxième journée d'une grève de 48h sur le rail, visait entre autres à dénoncer les pertes d'emploi prévues dans les cinq ans à venir. Les syndicats ont défilé avec une banderole portant un message de défense des Service publics. Ils ont apporté devant le cabinet de la ministre une plaque au nom de celle-ci sur laquelle était inscrite "ministre de l'Immobilité" en français et en néerlandais. "Avec son plan stratégique, Jacqueline Galant rend immobile la concertation sociale", commente Philippe Dubois, secrétaire permanent de la CGSP Cheminots Bruxelles.

Le cortège a également déposé une gerbe mortuaire, munie de l'inscription "In memoriam - L'emploi des cheminots", pour "dénoncer les pertes de 7.000 emplois prévues dans les cinq ans à venir", et souligner que "la SNCB est en danger, à cause du sous-financement et de la diminution de la dotation de 3 milliards sur les cinq prochaines années".

Les représentants ont demandé à être reçus par la ministre, demande qui leur a été refusée, selon Philippe Dubois.

La ministre Galant n'a pas été officiellement invitée à rencontrer les syndicats jeudi matin, cette invitation ayant uniquement circulé par voie de presse, précise toutefois Axelle Pollet, porte-parole de la ministre. Jacqueline Galant tient encore à rappeler que la vision stratégique pour le rail, qu'elle a approuvée, "vise aussi à éviter les gaspillages et les mauvaises pratiques", tend vers "une meilleure gestion et efficacité" et ne "vise donc pas que le personnel". Son objectif reste "la pérennité du service public". "Le gouvernement est toujours ouvert à l'envoi d'un conciliateur en dehors de toute pression de grève", ajoute Jacqueline Galant.

Par ailleurs, elle souligne que la concertation sociale a lieu entre les syndicats et les patrons, et qu'elle n'est donc pas "directement impliquée" dans le processus, réfutant ainsi le fait de rendre "immobile" cette concertation. Elle demande jeudi aux partenaires sociaux de se remettre autour de la table, avec un objectif commun "d'améliorer le service public à donner au client, qui y contribue par le biais de ses impôts".


Discussion entre syndicats et direction prévue mardi

Une discussion est prévue mardi prochain entre la direction du rail et les syndicats, embourbés depuis des semaines dans des désaccords autour du protocole d'accord social 2016-2018 et au sujet des mesures d'augmentation de la productivité dans les chemins de fer, ont indiqué jeudi plusieurs syndicalistes. Ludo Sempels, de l'aile flamande du syndicat cheminot socialiste (ACOD Spoor, le pendant de la CGSP Cheminots), a confirmé jeudi la tenue de la réunion. "Nous avons accepté l'invitation d'HR Rail", précise-t-il. "Nous avons toujours dit être ouverts à la poursuite des discussions".

Luc Piens, du syndicat chrétien (ACV-CSC), a quant à lui confirmé que l'ACV-Transcom serait également représentée à cette réunion.

Il n'était pas clair dans l'immédiat, jeudi matin, si les ailes francophones de ces deux organisations syndicales, la CGSP Cheminots et la CSC Transcom, comptent participer également à la réunion de mardi. Serge Piteljon, secrétaire national de la CGSP Cheminots, et Ludo Sempels, de l'ACOD Spoor, se rencontrent en début d'après-midi, a-t-on appris de source syndicale, mais le premier n'était pas disponible dans l'immédiat pour confirmer la présence des francophones la semaine prochaine autour de la table de négociation.