Belgique

Flamands et francophones doivent réfléchir ensemble à l'avenir de la Belgique et les représentants politiques oser quitter leurs tranchées et abandonner certains tabous, ont estimé les partis écologistes flamand et francophone, Groen ! et Ecolo, lundi au cours d'un colloque sur la réforme de l'Etat qu'ils ont organisé au parlement fédéral, où ils forment un groupe parlementaire commun.

Bien que les verts ne pèsent pas de manière prédominante sur le débat communautaire, les dossiers institutionnels sont importants aussi pour Groen ! et Ecolo, a indiqué le député Groen Stefaan Van Hecke. C'est pour cette raison que les deux partis ont organisé lundi à Bruxelles un colloque sur la réforme de l'Etat, en présence d'experts universitaires notamment.

Hugues Dumont, constitutionnaliste des facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles, a souligné l'importance de prendre le temps nécessaire à une réforme de l'Etat et de ne rien décider avant 2009. Il estime également qu'en échange d'une scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, il convient d'évoquer les limites de la Région bruxelloise. Il qualifie par ailleurs le cartel CD&V-N-VA d'intenable en raison du séparatisme de la N-VA.

"Basculement mental"

Pour le politologue Dave Sinardet (université d'Anvers), la question cruciale est de savoir si l'on veut une Belgique meilleure et non "plus ou moins de Belgique". Il plaide pour un "basculement mental" des hommes et femmes politiques, qui doivent oser abandonner certains tabous, concernant par exemple des transferts de compétences au fédéral et la création d'une circonscription fédérale.

Cette dernière idée est soutenue par Philippe Van Parijs (université catholique de Louvain), qui propose en outre d'intégrer à la Région bruxelloise quatre des six communes à facilités de la périphérie et de laisser à la Flandre les deux plus grandes, qui bénéficieraient d'un régime de facilités dont l'extinction serait programmée. (Belga)