Belgique

Plus question de distribuer de la nourriture gratuitement aux démunis aux alentours de la gare du Nord. Vendredi, le bougmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (FDF), prenait une ordonnance interdisant aux associations caritatives de donner des vivres aux personnes précarisées dans un rayon de 500 mètres autour du Centre de communication Nord (CCN). Cette décision, entrée immédiatement en vigueur, est d’application pour trois mois.

La mesure va forcément toucher les sans-abri, très nombreux dans ce périmètre. Mais elle est nécessaire, selon le bourgmestre, pour empêcher certaines associations de faire du prosélytisme et de propager des discours religieux radicaux, sous couvert d’actions caritatives.

Un curieux resto

Principal visé (sans être nommé) par cette interdiction : "Le Resto du Tawhid", dirigé par un certain Jean-Louis Denis, qui profite de la distribution de repas aux nécessiteux pour recruter et tenter d’embrigader des jeunes pour la Syrie. Les deux adolescents de 16 ans, de l’athénée Fernand Blum, "disparus" depuis le 4 avril, auraient été influencés par le prédicateur de l’association.

Belge converti à l’islam depuis huit ans, Jean-Louis Denis est un sympathisant de "Sharia4Belgium". Les deux jeunes auraient gravité autour de l’association et auraient été vus, à plusieurs reprises, en compagnie de M. Denis pendant ses prêches (comme l’attestent notamment des vidéos postées sur Youtube).

Interrogé par Télé Bruxelles sur son implication dans la fanatisation de ces jeunes au point de les convaincre de tenter l’aventure en Syrie, le prédicateur élude sans vraiment démentir : "Ce n’est pas moi qui fais cet appel. C’est Allah qui appelle à défendre la veuve et l’orphelin. Comme il nous appelle tous les samedis à aider les pauvres. [ ] Ce sont des ordres d’Allah".

"Nous avons appris que M. Denis utilisait ses distributions de repas du samedi pour tenir des discours radicaux, dans lesquels il appelle à partir en Syrie", a confirmé M. Clerfayt à Belga.

Il appartient aux autorités judiciaires de déterminer exactement ce qu’il en est et s’il y a lieu de poursuivre le prédicateur. Entre-temps, la commune a pris des mesures préventives. Mais malgré l’interdiction, "Le Resto du Tawhid" (soit le dogme fondamental de l’islam : la croyance en un dieu unique) a bien tenté d’organiser samedi sa distribution hebdomadaire ; la police l’en a empêché.

Samedi soir, sur sa page FaceBook (362 "likes"), "Le Resto du Tawhid" affirmait être toujours "en action" : "C’est pas une petite épreuve qui va nous arrêtez insha’Allah comme les autres veulent nous faire croire, on fais sa pour plaire a Allah on va pas lacher et on va continuer" (sic).