Belgique

Pour la première fois depuis des années, les riverains de l'Oostrand (Est de Bruxelles) et d'autres associations organiseront ce dimanche 3 juin à Woluwe-Saint-Pierre une soirée-débat avec des représentants de tous les partis politiques francophones et flamands. L'objectif est que les orateurs exposent la position officielle de leurs partis respectifs à propos de la problématique du plan de dispersion des vols et l'organisation des mouvements d'avions à Brussels Airport. Elections fédérales obligent, les organisateurs profiteront également de l'occasion pour présenter le cahier de revendications des riverains (à l'intention des acteurs du futur gouvernement fédéral) afin d'arriver à une cohabitation harmonieuse entre eux et les activités du site. Le document dont nous avons eu connaissance est décliné en quatre grands chapitres. Il faut dire le mémorandum des riverains n'est pas tellement neuf d'autant plus qu'il intègre leurs positions défendues jusqu'à présent. En matière de politique aéroportuaire, ils demandent la fin du plan de dispersion qui, d'après eux, n'a fait qu'aggraver leur situation et est à la base de l'explosion des actions en justice.

Exproprier ou isoler les maisons

Ils s'opposent à toute augmentation des mouvements sur le site et demandent qu'on limite leur nombre à 250 000 vols par an (environ 254 000 vols en 2006). Ils prônent la mise en place d'une véritable autorité indépendante de contrôle avec un pouvoir de sanction.

Ils demandent un retour à l'option qui a toujours prévalu par le passé sur le site et qui consiste en l'utilisation préférentielle des pistes parallèles 25 le jour et une égalité de traitement entre les riverains du Noordrand (Neder-over-Hembeek, Grimbergen, Meise, Diegem, etc.) et ceux de l'Oostrand (Crainhem, de Wezembeek-Oppem et de Woluwe-Saint-Pierre). Ils invitent le fédéral à offrir aux habitants de Haren et de Diegem, la possibilité d'isoler leurs maisons ou d'être expropriés. Ils demandent que les slots de DHL ne soient pas attribués à d'autres opérateurs (ni du cargo, ni des vols charters ou des low cost) après le départ de l'opérateur de courrier express et qu'on arrive progressivement à une suppression totale des vols de nuit.

D'après le médiateur Philippe Touwaide, seul la réalisation d'un véritable cadastre de bruit permettra d'objectiver les nuisances subies par les riverains. Lui prône l'arrêt des nouvelles constructions de maisons autour de l'aéroport et le retour du "forum de l'aéroport". "C'était un espace de discussion entre les riverains, le gouvernement fédéral et les dirigeants, il ne s'est plus réuni depuis mars 2003", explique-t-il.