Belgique La nouvelle procureur du Roi de Hal Vilvorde est pour la suppression de cette loi.

Si la scission de BHV a mené à deux parquets, l’arrondissement judiciaire de Hal-Vilvorde est le seul du pays sans tribunal. Les procès se déroulent toujours à Bruxelles. Pour la procédure, c’est la loi sur l’emploi des langues qui s’applique.

"Bienvenue en Absurdistan", s’exclame Ine Van Wymersch, pour qui ce système ne profite qu’aux criminels.

"On a scindé l’arrondissement judiciaire mais on s’est arrêté beaucoup trop tôt dans cette scission", estime la nouvelle procureur du Roi qui réclame un tribunal "non pas dans un esprit communautaire", précise-t-elle aussitôt mais dans l’intérêt des victimes. "Moi, j’ai beau lancer une politique criminelle à mon petit niveau de la chaîne mais si ça coince ensuite, cela n’a aucune efficacité. Ce n’est pas un reproche aux juges d’instruction francophones parce qu’ils sont moins de 20 à gérer la criminalité bruxelloise. Quand celle du Rand se rajoute, ils doivent faire des choix. La probabilité qu’un auteur d’un vol avec violence commis à Londerzeel soit placé sous mandat d’arrêt est faible s’il fait le choix de la langue francophone en raison de sa résidence à Bruxelles ou en Wallonie. Le juge bruxellois qui doit traiter au même moment une tentative de meurtre et un viol, doit trier, c’est comme aux urgences."

Supprimer cette loi !

Pour la procureur du Roi, il faudrait tout simplement supprimer cette loi sur l’emploi des langues au niveau judiciaire. "Les seules personnes à qui cette loi sur l’emploi des langues accorde des droits supplémentaires, ce sont les criminels francophones. Pas les victimes. Ce qui est complètement absurde !"

En supprimant cette loi, les victimes, peu importe la langue parlée, y gagneraient, assure la haute magistrate. "Y compris les francophones de la périphérie. Si le même vol qu’à Londerzeel est commis 5 km plus loin, à Malines, peu importe la langue de la victime, l’auteur sera placé sous mandat d’arrêt."

Et Ine Van Wymersch d’aller plus loin : "On fait croire aux gens qu’en supprimant cette loi, les victimes vont perdre des droits. C’est totalement faux. C’est de la désinformation. Les traductions font perdre du temps aux victimes. Les seuls gagnants avec cette loi, ce sont les criminels. Si on veut vraiment aider les citoyens du Rand, peu importe qu’ils parlent flamand, français, chinois, il faut supprimer cette loi et nous donner un tribunal qui a de l’affinité avec la réalité du territoire de Hal-Vilvorde. La victime recevra un interprète, tout simplement, comme à Anvers ou Liège et toutes les victimes seront traitées de la même manière partout en Belgique. Le jour où on arrêtera d’ajouter une sauce communautaire, il y aura des chances de voir le réalisme prendre le dessus."