Belgique

Vous devez être fiers de votre fils. Il s’est battu comme un lion et ici, on est tous choqués de son départ. A lui seul, il a fait fuir cinquante soldats. Il était aimé de tous, et surtout de moi." En larmes, Géraldine referme le volet de son portable, incapable de poursuivre la lecture du message, ce SMS fatidique qu’elle gardait jusqu’ici pour elle.

Géraldine, une Bruxelloise, parfaite bilingue, convertie à l’islam, est ce que certains appelleraient "une mère d’un terroriste". Elle est la mère d’un fils parti subitement, à 18 ans et six mois, en Syrie, comme arraché de son histoire maternelle. Un fils séduit et capté par l’Etat islamique et ses chimères. Un fils, Anis, qui a été tué le 23 février dernier à Deir Ezzor, lors d’une frappe aérienne de la coalition internationale. C’est ce SMS, rédigé par un ami, Abou Malik, lui aussi de Molenbeek, qui le lui a appris.

Ce SMS, Géraldine le garde précieusement. Elle l’a dupliqué au cas où. Elle n’a rien touché à la chambre d’Anis. L’ordinateur est toujours là, de même que la télévision. "Ce SMS", dit-elle, "c’est un trésor et la fin de son histoire. (...) Je me dis que mon fils est mort et que cela n’a servi à rien. La Syrie, c’est toujours la même chose, encore plus violente maintenant" que la Russie a entamé ses frappes.

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