Belgique

Les forces de l'ordre ont procédé à 25 arrestations judiciaires, durant la nuit de mercredi à jeudi, à la suite de nouveaux incidents survenus à Feluy (Seneffe). Huit personnes sont soupçonnées de rébellion armée alors que 14 d'entre elles seraient impliquées dans le pillage d'un transporteur roumain. Le parquet de Charleroi assure qu'il fera preuve de fermeté. 

Le procureur du Roi de division, Vincent Fiasse, a fait le point sur les nouveaux événements survenus durant la nuit à Feluy. "Vingt-cinq personnes ont fait l'objet d'une arrestation judiciaire, mais deux d'entre elles ont été relaxées. Il s'agissait de camionneurs espagnols qui, sous la pression des manifestants, ont préféré quitter leur poids lourd", a indiqué Vincent Fiasse. "Sept hommes et une femme, âgés de 19 à 30 ans sont soupçonnés de deux rébellions armées distinctes. Dans leurs véhicules, les forces de l'ordre ont découvert des pneus, des bûches et des jerrycans d'essence qui laissent croire qu'ils sont impliqués dans les incendies survenus sur place. En outre, quatorze suspects auraient participé à un vol avec violence, à savoir le pillage d'un camion roumain transportant des vêtements. Il s'agit de 13 hommes majeurs et d'une jeune fille mineure. Enfin, une dernière personne, la seule déjà connue de la Justice, a été arrêtée pour le port illégal d'un pied-de-biche."

Selon le parquet, les suspects ont été dispatchés entre différentes zones de police, vu leur nombre. Plusieurs services d'enquête travaillent actuellement sur ces dossiers, la police judiciaire fédérale se chargeant du vol avec violence. "Il s'agit de faits graves commis dans un climat d'insurrection. Le parquet fera preuve de fermeté en mettant ces dossiers à l'instruction et en requérant un mandat d'arrêt contre les suspects impliqués. On ne doit pas tergiverser", a conclu Vincent Fiasse.

De nombreux dégâts

Selon nos confrères de RTL, à Feluy, près de 400 casseurs s'en sont pris aux forces de l'ordre, qui étaient au nombre de 120 à être déployées. Ces policiers ont bénéficié de l'appui d'un hélicoptère et d'autopompes.

Les dégâts matériels sont importants. On recense des jets de boules de billard, de pierres, mais aussi des lancers de cocktails Molotov sans oublier des vitres de véhicules de police brisées ou encore des poteaux électriques couchés sur la route et des camions pillés.


Charles Michel promet "la plus grande fermeté", Benoît Lutgen dénonce

Le Premier ministre Charles Michel a promis jeudi "la plus grande fermeté" face aux débordements "inacceptables" qui se sont produits près de Feluy. "C'est une violence qui est parfaitement inacceptable et nous allons veiller à maintenir l'ordre public, à garantir la sécurité", a-t-il affirmé sur les ondes de la radio Bel-RTL."Chacun a le droit d'exprimer une opinion, chacun a le droit de manifester. Mais on n'a pas le droit à le faire dans la violence, mais on n'a pas le droit de casser. Et donc il y aura une très grande fermeté des autorités", a ajouté le Premier ministre.

Le président du cdH, Benoît Lutgen, a lui aussi dénoncé les violences, en les imputant à des casseurs. "Ce n'était pas les gilets jaunes, mais les cagoules noires. On est passé d'une cause qui peut être entendue, et d'une colère légitime de la population, à la casse et à des débordements inacceptables. Il y a des réponses à apporter du côté du fédéral", a dit M. Lutgen lors de l'émission Matin Première de la RTBF.

Selon lui, le gouvernement "MR/N-VA" est responsable de cette colère. "Ils ont augmenté les taxes sur l'électricité, ce qui fait une différence substantielle pour le quotidien de la population. Nous, nous l'avions baissée cette taxe", a-t-il dit.

Plusieurs actions sur les autoroutes wallonnes

Plusieurs actions assimilées aux "gilets jaunes" se sont poursuivies dans la nuit de mercredi à jeudi sur les autoroutes wallonnes, avec notamment le blocage de l'autoroute A7 à hauteur de Feluy où se trouve un important site de l'entreprise pétrolière Total. Un plan provincial d'urgence avait une nouvelle fois été déclenché dans la soirée.

La N6 au poste frontière de Bois-Boudon/Bettignies était toujours fermée à l'aube dans les deux sens en raison de blocages, selon les informations routières de la police fédérale, issues du centre Perex. Environ 150 camions étaient toujours bloqués. En revanche, l'autoroute A7 en direction de Mons est de nouveau ouverte à la circulation, mais la voie de gauche est neutralisée pour travaux.

La même autoroute reste fermée en revanche en direction de Bruxelles, mais devrait être rouverte sous peu.

© Belga

Les chargements ont repris à Feluy

Les chargements ont repris sur le site de Total à Feluy, les conditions de sécurité étant réunies, a précisé jeudi en fin de matinée Olivier Neyrinck, porte-parole de Brafco, de la fédération des négociants en carburants. Le porte-parole a précisé par ailleurs que la situation se normalisait pour l'approvisionnement des stations-service et qu'il y avait de moins en moins de problèmes.


Les gilets jaunes sont moins nombreux en région liégeoise

Plus aucun manifestant ne se trouve jeudi matin à Sclessin, a déclaré en matinée la zone de police de Liège. Ils ne sont plus que 5/6 du côté de Wandre où les choses se déroulent sans encombre. Après plusieurs jours de manifestation, le nombre de gilets jaunes est en diminution en région liégeoise. S'ils étaient encore 5/6 du côté de Wandre et une petite vingtaine du côté de Sclessin durant la nuit de mercredi à jeudi, ils n'étaient plus vraiment nombreux jeudi matin. A 9h10, plus aucun manifestant ne se trouvait à Sclessin. En revanche, le nombre est resté identique à Wandre où la situation est sous contrôle. D'après la zone de police de Liège, aucun débordement n'est à signaler. Les gilets jaunes ne font que ralentir les camions en les laissant passer. Ils ne bloquent donc plus l'accès aux différents ports pétroliers.