Belgique

La situation dénoncée, mercredi, sous les fenêtres du cabinet de la ministre de l’Intégration sociale, Marie Arena (PS), par le personnel excédé de Fedasil, l’agence fédérale chargée de l’accueil des demandeurs d’asile, est indigne d’un pays moderne et démocratique.

Les structures censées prendre en charge les demandeurs sont pleines depuis des semaines et les autorités politiques ne réagissent pas. Le budget fédéral n’apporte aucune marge à Fedasil, dont l’enveloppe financière étroite ne permet pas de créer de nouvelles places d’hébergement. Et l’absence d’un accord gouvernemental en matière d’immigration aggrave le problème.

Il y a des mois que Fedasil tire la sonnette d’alarme. L’agence fait état d’une augmentation du nombre des demandes d’asile mais surtout d’une diminution du nombre de sorties des centres qu’elle gère. Les familles illégales occupent à elles seules 23 pc des places d’accueil alors que les personnes qui relèvent de l’ancienne procédure (voir ci-dessus) et attendent une décision du Conseil d’Etat représentent 24 pc du réseau. Ajoutez à cela les étrangers qui ont introduit des demandes multiples et vous aurez une bonne idée du désordre ambiant.

Alors que l’hiver arrive, des femmes parfois seules ou enceintes, des enfants, des malades sont renvoyés à la rue, sans nourriture, ni soutien. Les incidents se multiplient et pourraient bien dégénérer. Des centres qui viennent en aide aux sans-abri sont désormais assaillis d’appels au secours de réfugiés, alors qu’ils ne sont pas équipés pour les héberger. Cette situation-là engendre, elle aussi, des tensions insupportables.

Bref, il est urgent d’intervenir. Non pas en se renvoyant la balle comme on l’a vu ces dernières heures, quand Mme Turtelboom, en charge de la politique de migration et d’asile au fédéral, s’est déchargée du fardeau sur le dos de Mme Arena, mais en prenant des mesures de première ligne avant d’adopter, sans plus tergiverser, le plan structurel que tout le pays attend depuis des mois.

Il y va de la crédibilité de la Belgique et de la dignité d’êtres humains, qui méritent mieux que notre indifférence.