Belgique Tisser des liens avec l’islam hors du cadre officiel reste difficile.

Il faudrait que nos amis musulmans se positionnent clairement." L’évêque auxiliaire de Bruxelles, Monseigneur Jean Kockerols, s’est montré plus incisif que d’habitude mercredi matin sur les ondes de Bel RTL.

A la question de savoir s’il se sentait en danger en tant que chrétien après les derniers attentats, Mgr Kockerols ne s’est pas montré alarmiste. Il a néanmoins ajouté qu’il souhaiterait "que du côté musulman, et en particulier à Bruxelles, on affirme bien plus et bien plus fortement que l’on n’est pas d’accord avec ce qui se passe maintenant. J’ai eu la réaction d’une mosquée de Molenbeek et je leur en suis très reconnaissant, mais c’est une mosquée sur septante autres […]. Il n’y a absolument pas de mobilisation suffisante."

Plus de contacts de terrain

De telles affirmations ne sont pas courantes dans le chef de l’Eglise belge qui a pour ligne de conduite de jouer la carte de l’apaisement et du dialogue.

Ces paroles ne contredisent pas cette ligne de conduite, fait comprendre le père Tommy Scholtès, porte-parole des évêques, "mais c’est vrai que l’on aimerait aller un peu plus loin que les déclarations communes ou les célébrations interreligieuses qui font suite aux attentats, qui sont très positives et importantes, mais qui sont un peu institutionnelles".

En d’autres mots, ce que souhaite l’Eglise, c’est qu’il puisse y avoir plus d’interpellations directes et de terrain entre les communautés. Ces interpellations existent, mais restent très convenues. Les liens directs entre les bases des deux communautés sont difficiles à tisser.

"Et puis, il faut bien admettre qu’en tant que chrétiens, nous nous sentons plus directement visés après le meurtre du père Jacques Hamel et à la suite des appels explicites de l’Etat islamique à attaquer l’Europe parce qu’elle est chrétienne. Cela nous touche de très près et oui, on attend un peu plus de la part des musulmans pour poursuivre le rapprochement et favoriser le dialogue", conclut Tommy Scholtès.

Notons que les paroles de Mgr Kockerols s’adressaient aussi aux catholiques appelés selon lui, et toujours dans le cadre de ce dialogue, à redécouvrir "ce qu’ils veulent signifier à la société".