Belgique

C'est une première en Europe: un cursus complet en ostéopathie s'est ouvert à l'Université Libre de Bruxelles cette année (2004/2005). Celui-ci s'inscrit dans le cadre des Sciences de la motricité (Sc M) et s'étale sur six ans: trois années de Bachelor en Sciences de la motricité, avec l'option ostéopathie, deux années de Master (M 1 et M 2) et une année en Master complémentaire d'ostéopathie.

L'ouverture de cette filière a été rendue possible suite à la loi du 31 mars 2004 redéfinissant l'enseignement universitaire en Communauté française de Belgique.

«La Faculté de médecine a été la première intéressée par ces études de haut niveau. Pour la formation en ostéopathie, cette collaboration constitue un plus: un diplôme reconnu, puis avalisé par le ministère de la Santé, qui est au niveau fédéral. L'enseignement de l'ostéopathie devient officiel», explique Michel Hélin, président de la Société Belge d'Ostéopathie.

Le statut de l'ostéopathie

La reconnaissance du métier n'est pas achevée: son statut est régi par la loi cadre du 22 avril de 1999. «Cette loi cadre va être étoffée par des groupes de travail et doit encore être finalisée. Mais le principal est d'être dedans», considère-t-il. Des plates-formes professionnelles européennes travaillent à l'harmonisation des critères d'enseignement de l'ostéopathie en Europe. Ce sera la référence de base de la profession. «Cette avancée était nécessaire car l'ostéopathie fait partie des médecines dites non conventionnelles. Tout le monde peut, en quelque sorte, se décréter ostéopathe», explique Paul Klein, responsable de la formation à l'ULB, enseignant et ostéopathe.

Un bon départ

Vingt étudiants ont été accueillis à l'ULB cette année. «On se disait que si on dépassait la dizaine, ce n'était pas mal. Les premiers inscrits étaient très motivés: ils se sentaient les pionniers», explique Paul Klein. Et qu'en pensent les futurs ostéopathes en formation ailleurs? «C'est une bonne initiative car l'ostéopathie a une place dans la médecine. Je savais que je voulais faire de l'ostéopathie en commençant mes études. Si cette formation avait été ouverte avant, j'y serais certainement allé. Mais le fait d'avoir fait de la kinésithérapie avant permet d'avoir une approche plus globale du corps», explique Mickael Claude, élève en cinquième année au Sutherland college of osteopathic medecine (SCOM).

Les autres formations

Jusqu'ici, la formation des ostéopathes ne passait que par des écoles ou collèges privés, souvent accessibles aux seuls médecins. «C'était quelque part paradoxal de devoir faire d'autres études avant de pouvoir apprendre l'ostéopathie», explique Paul Klein.

La Belgique compte 600 ostéopathes «démarqués», c'est-à-dire qui n'exercent pas d'autres activités. «Si l'université met sur le marché des diplômés, il faut bien que la profession soit reconnue. Au moins, le problème de l'enseignement francophone est résolu», considère-t-il. Mais il n'existe pas de projet du côté flamand.

© La Libre Belgique 2005