Belgique

Les services secrets américains ont permis à la Belgique d'éviter des enlèvements de hauts magistrats et de personnel diplomatique. Ceux-ci faisaient partie d'un conflit mafieux visant à empêcher l'extradition d'un trafiquant libanais vers les Etats-Unis, écrit vendredi L'Echo. Ali Koleilat Dalbi s'était opposé de manière catégorique à son extradition vers les Etats-Unis mais le gouvernement belge a finalement autorisé celle-ci, qui a eu lieu il y a deux semaines.

A la suite d'écoutes téléphoniques, les services de renseignements américains ont mis au jour un complot mafieux visant à empêcher cette extradition. Une attaque contre un établissement pénitentiaire en vue de faire échapper le prévenu et la préparation de différents enlèvements ont ainsi été envisagées.

Une source judiciaire belge évalue la menace de ces enlèvements comme "grave et réelle" mais minimise les connexions à caractère islamiste de l'affaire: "il s'agit bel et bien d'un complot mafieux dont le degré de dangerosité a été évalué comme très élevé".


Le trafiquant libanais déjà délivré aux Etats-Unis

Le parquet de Bruxelles a confirmé que le trafiquant de drogues et d'armes libanais, Ali Koleilat Dalbi, avait été extradé le 1er décembre vers les Etats-Unis. Quant aux plans évoqués vendredi par les journaux De Tijd et l'Echo sur une éventuelle attaque contre un établissement pénitentiaire en vue de faire échapper le prévenu ou l'enlèvement de hauts magistrats et diplomates belges, le parquet n'a pas souhaité faire de commentaire. L'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam) ne communique pas non plus sur le dossier pour l'instant. L'homme, qui entretiendrait des liens avec le Hezbollah, est connu sous six alias différents et dispose de deux passeports libanais, un vénézuélien, un libérien et un néerlandais. Selon ces différents passeports, il serait né en 1963 ou 1970.

Ali Koleilat Dalbi a été interpellé le 4 février dernier à Brussels Airport. Son arrestation s'est produite sur base d'un mandat d'arrêt international émis par les autorités judiciaires de l'état américain de New York. La Drug Enforcement Administration (DEA), le service de police fédéral américain chargé de la mise en application de la loi sur les stupéfiants, considère en effet Ali Koleilat comme étant l'un des suspects principaux d'un transport de 1.100 kilos de cocaïne qui avait été intercepté en 2011 en République dominicaine.

Le 9 octobre, la chambre des mises en accusation de Bruxelles a décidé qu'Ali Koleilat Dalbi pouvait être délivré aux autorités américaines. Une procédure en cassation, introduite par son avocat, n'a pas changé la donne.

Le parquet de Bruxelles n'a pas souhaité commenter la menace de ces enlèvements jugée comme "grave et réelle " par une source judiciaire belge mais a confirmé que l'individu avait bien été délivré aux Etats-Unis.

"Le ministre de la Justice a signé le 29 novembre un arrêt ministériel autorisant l'extradition. Celle-ci a eu lieu le 1er décembre, vers 22h00", a indiqué la porte-parole du parquet de Bruxelles, Rym Kechiche. "Etant donné les circonstances et le fait que monsieur Koleilat est considéré comme une personne dangereuse, des mesures de sécurité spécifiques ont été prises. L'extradition s'est finalement déroulée sans incident."