Belgique Les "anciens" de la FNAPG ont rendez-vous ce lundi 4 septembre au Musée royal de l’Armée.

Il y aura beaucoup d’émotion ce lundi 4 septembre au Musée royal de l’Armée. Le War Heritage Institute, la nouvelle coupole fédérale pour le devoir de mémoire en Belgique y organise un rassemblement exceptionnel de la Fédération nationale des anciens prisonniers de guerre à l’occasion du 70e anniversaire de cette dernière.

Pour ce sans doute ultime rassemblement de cette catégorie d’acteurs de la Seconde Guerre mondiale, dix prisonniers de guerre issus de toute la Belgique seront rassemblés à côté de près de 200 veuves et descendants. Le War Heritage Institute se devait de soutenir cet anniversaire éminemment symbolique qui honore des hommes qui pour défendre nos droits et nos libertés ont été privés des leurs.

Cela se passera à la Halle Bordiau où l’on pourra voir dans deux ans une toute nouvelle exposition agrandie et modernisée sur la guerre 40-45.

Plus de deux cent mille militaires déportés

Coup d’œil dans le rétro sur les anciens prisonniers de guerre. Le 10 mai 1940, après l’invasion de la Belgique, nos troupes résistèrent jusqu’au bout de leurs forces. Hélas, l’armée belge dut cesser le combat après 18 jours

Quelque 205 000 hommes furent faits prisonniers. Les militaires furent emmenés à pied, en camions, en trains, en péniches vers les nombreux camps répartis sur le territoire allemand. La grande majorité d’entre eux furent mis au travail dans des usines alors que les autres se retrouvaient dans des camps : les ‘Stalags’(destinés aux soldats) et les ‘Oflags’(réservés aux officiers, qui ne pouvaient être mis au travail).

Parmi eux, 130 000 néerlandophones purent rentrer entre juin 1940 et février 1941. Hitler connaissait mieux que quiconque le principe qu’il faut diviser pour régner, surtout en laissant croire que les frères "germains" pourraient aussi être mieux traités… Toujours est-il que parmi les Wallons restés sur place, 2 000 décédèrent, mille s’évadèrent et 2 000 furent renvoyés au pays, malades ou accidentés. Enfin, 70 000 connurent encore cinq années en captivité…

Une réintégration difficile

Au sortir de la guerre, leur sort fut tout sauf enviable car rentrés au pays, les prisonniers se heurtèrent à moult écueils pour faire reconnaître leurs droits et obtenir une aide en réparation des dommages subis. Cela conduisit - lire aussi ci-dessous - à la création de la Fédération nationale des Anciens Prisonniers de Guerre.


Un rôle sociétal important jusqu’à aujourd’hui

En fait, la Fédération nationale des anciens prisonniers de guerre était issue de l’union de la Fédération nationale des prisonniers de guerre (FNPG.), de la Fédération nationale des combattants anciens prisonniers (FNCAP) et de l’Union des prisonniers de guerre (UPG).

La FNAPG mena différents combats afin de faciliter la réinsertion des prisonniers de guerre dans leurs foyers et dans la vie civile. Les anciens prisonniers de guerre se rassemblèrent à la fois sur le plan local, provincial et, enfin, national.

Raoul Nachez, ancien prisonnier au rôle essentiel

Epinglons ici le rôle essentiel de Raoul Nachez. Né en 1907, ce spécialiste en radiologie engagé en 1939 fut fait prisonnier après la Campagne des 18 jours. En détention, il fut très sensibilisé aux conditions de détention des PG. Ce qui l’amena à s’investir dans leur défense. Raoul Nachez, premier président de la FNAPG le resta jusqu’à son décès, le 23 janvier 1993, à l’âge de 84 ans.

Ancien prisonnier et invalide de guerre, il créa un Fonds portant son nom qui aida et assista les anciens prisonniers de guerre tuberculeux. En 1947, en collaboration avec la Croix-Rouge de Belgique, ils ouvrent le Sanatorium Belgica à Montana en Suisse. Sous son impulsion aussi, la FNAPG avait acquis le domaine de Sainte-Ode en 1950.

Initialement, centre de post-cure et de convalescence pour les malades rentrant de Suisse, il se mua en Centre hospitalier pour les anciens prisonniers de guerre. En 1991, Sainte-Ode passa entre les mains de la province du Luxembourg. Ce n’est qu’en 2005 qu’un Monument aux Prisonniers de Guerre trouva place au Camp Lagland à Arlon.

Depuis mai 2005, le Fonds Nachez porte le nom de Fonds des Barbelés. La FNAPG et le Fonds des Barbelés ont en fait fusionné le 9 mai 2006. Après la mort de Raoul Nachez, divers présidents se sont succédés : du côté de la FNAPG, on cite Henry Hoven, Léon Maroil, Emile Romain, René Gengoux, Alfred Dohogne, Charles Legrève, et Julien Sauvage. Depuis le 28 avril 2014, Roger Guillaume est notre président national.