Belgique

La FGTB continuera son combat après la manifestation nationale de demain/mercredi en organisant des actions tournantes par province, a-t-elle annoncé mardi. De leur côté, la CSC et la CGSLB entendent également poursuivre leur opposition aux mesures gouvernementales. Ces actions, dont "la forme dépendra de la réalité du terrain et sera déterminée par les différentes régionales", a précisé une porte-parole du syndicat, débuteront en octobre pour se terminer en décembre.

Le syndicat socialiste assure par ailleurs être actuellement "en discussion avec la CSC et la CGSLB pour mener ces actions en front commun". Mais "quel que soit le résultat de cette discussion, la FGTB mènera ces actions".

"Ce plan d'actions - dont le calendrier précis n'a pas encore été déterminé - pourra être modifié en fonction de l'évolution des négociations au sein du groupe des 10 et des décisions du gouvernement", a toutefois indiqué le syndicat socialiste.

"Depuis un an, l'attitude du gouvernement et des représentants des employeurs ne laisse pas d'autre option au monde du travail que de maintenir la pression, pour qu'une réelle concertation sociale puisse être mise en œuvre dans un souci de juste répartition des richesses et des efforts", a-t-il conclu.

La FGTB, tout comme la CSC, avait déjà fait savoir que la manifestation nationale du 7 octobre ne "constituerait certainement pas une fin" au mouvement de protestation contre les mesures imposées par le gouvernement Michel.

"Nous allons continuer à taper sur le même clou et dénoncer les effets néfastes de la politique du gouvernement", a de son côté souligné la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska. La CSC dit avoir pour objectif de faire le plus d'actions possibles en front commun mais également en commun avec d'autres organisations. Le syndicat chrétien prévoit notamment de participer le 16 octobre prochain à Namur à une journée de mobilisation avec le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre la pauvreté. "On doit réfléchir, à chaque fois que l'on mène une action, pour voir si elle aide à atteindre nos objectifs", a expliqué Marie-Hélène Ska.

Enfin, au syndicat libéral, "on restera mobilisé de manière générale après la manifestation en front commun de ce mercredi mais rien n'a encore été décidé par nos instances", a indiqué Olivier Valentin, le secrétaire national. Les instances de la CGSLB se réuniront en principe "au plus tard la semaine prochaine."


Marc Goblet: "Pas d'autres choix face à l'arrogance patronale"

Les actions tournantes sont une réponse "à un patronat qui n'a jamais été aussi arrogant et à un gouvernement qui n'écoute que les employeurs", a déclaré Marc Goblet, le secrétaire général du syndicat socialiste. "Nous avions assuré à nos affiliés que cette manifestation nationale ne constituerait pas la fin de notre combat. Il était dès lors important de présenter ce nouveau plan", a précisé le responsable du syndicat socialiste selon qui, de toutes façons, "nous n'avons pas d'autres choix" que de poursuivre les actions.

Celles-ci pourront prendre différentes formes, selon les possibilités et les capacités de mobilisation de chaque interrégionale, l'"important étant que ces actions soient continuelles jusqu'en décembre", a ajouté Marc Goblet. Aucun calendrier précis n'a encore été fixé.

"Nous étions en négociations avec les autres syndicats depuis plusieurs semaines mais nous ne sommes pas parvenus à un accord sur la nature des actions à mener. Nous, contrairement à d'autres, nous souhaitions rester dans une logique interprofessionnelle et fédérale", a poursuivi le secrétaire général de la FGTB qui ne désespère toutefois pas de "faire changer d'avis" les autres organisations.


"Ne saignez pas l'horeca", demande la FGTB Horval au gouvernement

La FGTB Horval a lancé mardi, à la veille du premier anniversaire de la prestation de serment du gouvernement Michel, sa campagne baptisée "Ne saignez pas l'horeca!". La centrale socialiste veut ainsi dénoncer les mesures de l'exécutif qui touchent directement le secteur de l'hôtellerie, de la restauration et des cafés. "Les travailleurs horeca servent de cobayes pour pouvoir introduire par après des mesures similaires dans d'autres secteurs", dénonce notamment l'organisation syndicale. Pour informer les travailleurs et le grand public, la FGTB Horval a également ouvert un site internet (http://www.letravaildanslhoreca.be/).

Les syndicats sont très critiques envers les mesures édictées par le gouvernement concernant l'horeca. Celles-ci déstructurent le secteur et encouragent la concurrence déloyale, estiment-ils.

Le plan horeca du gouvernement introduit la caisse enregistreuse obligatoire dans les établissements contre plusieurs mesures de soutien comme la baisse de la TVA, l'extension des heures supplémentaires, un régime de travail occasionnel plus souple et les "flexi-jobs", qui doivent permettre à des travailleurs d'arrondir leurs fins de mois en prenant un second emploi. Ce dernier point avait particulièrement cristallisé les griefs des syndicats qui craignent qu'il ne menace les emplois à temps plein.