Belgique

C’est un grand changement qui s’est amorcé depuis ce 1er janvier 2014 pour les structures d’accueil de la petite enfance qui dépendent de "Kind en Gezin", l’équivalent flamand de l’Office de la naissance et de l’enfance (ONE). Et en particulier pour les gardiennes indépendantes qui officient à Bruxelles, où Kind en Gezin et l’ONE cohabitent en raison du statut bilingue de la région-capitale, et dans les six communes périphériques à facilités.

La date du 1er janvier 2014 marque en effet la fin de la période de transition qui courait depuis février 2009 pour répondre aux nouvelles règles édictées par le gouvernement flamand en matière linguistique. Pour obtenir leur attestation de Kind en Gezin, les gardiennes indépendantes - et qui sont les responsables de leur structure - doivent désormais démontrer qu’elles connaissent le néerlandais soit via les résultats d’un test de langue du Selor soit via toute autre preuve (formation à la Maison du néerlandais, diplôme de l’enseignement néerlandophone,…).

"Il fallait tout professionnaliser"

"Cette échéance de janvier 2014 se téléscope avec un deuxième changement beaucoup plus significatif, qui interviendra en avril 2014", rapporte Eddy Gilson, responsable de la direction des milieux d’accueil 0-3 ans à l’ONE.

Le gouvernement flamand a, de fait, décidé de regrouper dans un décret-cadre tout ce qui concerne l’accueil de la petite enfance. "L’accueil des enfants en Flandre a beaucoup évolué, indique Leen Du Bois, porte-parole de Kind en Gezin. A un moment donné, il fallait tout professionnaliser dans un décret. Cela a été négocié avec le secteur." Conséquence ? "C’est toute la réglementation des milieux d’accueil de Kind en Gezin qui change en un coup", reprend M. Gilson.

Quelles sont les modifications majeures imposées par le décret ? Les exigences linguistiques sont approfondies en ce que toute responsable d’un milieu d’accueil indépendant, et au moins une puéricultrice par structure, doivent apporter la preuve qu’elles connaissent le néerlandais. "Si le milieu d’accueil reçoit un subside, alors la responsable doit avoir une connaissance active du néerlandais, soit un niveau B 2, précise Mme Du Bois. Sinon, c’est un autre niveau qui est exigé. Mais, dans tous les cas, la responsable et au moins une autre puéricultrice doivent connaître le néerlandais."

Autre nouveauté linguistique, "si un milieu d’accueil indépendant veut toucher - ça existe en Flandre - un petit subside , ajoute M. Gilson , il devra avoir un plan d’utilisation du néerlandais ("taalbeleid") avec les enfants. Ça ne veut pas dire qu’ils doivent utiliser nécessairement toujours le néerlandais et que le néerlandais, mais ils doivent expliquer comment ils utilisent la langue néerlandaise."

Pour ce qui concerne les milieux d’accueil subventionnés, il est exigé que tout le personnel parle le néerlandais "plus le fait qu’un certain nombre de parents justifient eux-mêmes la connaissance du néerlandais", enchaîne M. Gilson.

Enfin, le décret prévoit de nouvelles règles en matière d’infrastructures, de formation des puéricultrices, de subsides, etc.

Pour que chaque structure d’accueil puisse se retourner, le gouvernement flamand leur laisse une période de transition d’un an, soit jusqu’au 1er avril 2015.