Belgique

Le délicat sujet de la légalisation du cannabis est actuellement mis sur la table par différentes jeunesses politiques du pays, excepté le cdH. Dernièrement, ce sont les jeunes MR qui ont fait du bruit avec leur programme « Génération Défi 2.0 » en vue des élections législatives de mai. Avec des règles d'encadrement strictes, ils s'opposent à l'interdiction de produire, vendre et consommer cette substance encore considérée comme illicite. « On a eu envie de lancer le débat parce qu'on a constaté qu'au niveau de la législation actuelle, il y avait un certain flou juridique », explique Lora Nivesse, présidente des jeunes MR. « On est dans un système où on peut consommer jusqu'à trois grammes, mais il reste illégal de l'acheter. On ne peut pas non plus le distribuer. Il y a donc une certaine hypocrisie. L'idée est de faire la clarté. N'est-il pas préférable de mettre en place un contrôle qui soit un vrai contrôle légal plutôt que de faire cela dans l'ombre des petites ruelles? », ajoute-t-elle.

Les jeunes MR proposent donc la création d'établissements tels que les « cannabis social clubs », une forme de coopérative privée qui regroupe des particuliers cultivant la marijuana pour leur consommation personnelle. Une liberté qui ne devrait pas être totale puisqu'à côté de cette légalisation, ils souhaitent certaines restrictions ainsi qu'un encadrement stricte : « Évidemment, la consommation de cannabis devra être interdite aux mineurs, tout comme l'alcool ou le tabac qui connaissent également des limitations d'âge. Mais, je pense naïvement que ce qui est interdit a beaucoup plus d'attrait. Maintenant, si on rend cela légal et qu'on l'encadre, on demande aussi une nette augmentation des budgets de prévention qui sont pour le moment totalement insuffisants. »

Une proposition bien trop dangereuse

Le MR, lui, se démarque de cette proposition initiée par ses cadets. S'ils sont unanimes sur le droit d'autonomie des jeunes libéraux, ils s'opposent à la légalisation du cannabis. Pour la députée Christine Defraigne, très sensible au dossier, il s'agit d'une dangereuse idée. « Ce qui nous anime nous, c'est une question de protection de la santé publique, de nos enfants. Le cannabis engendre des ravages incontestables sur la santé tels que la schizophrénie, les pertes de mémoires, de concentration, les phénomènes d'anxiété, de dépression. C'est souvent la porte d'entrée au décrochage scolaire. C'est aussi un risque catalyseur et multiplicateur des risques du cancer des poumons, sans oublier le nombre d'accidents de la route », développe-t-elle. « Il nous revient, en tant que personnalité politique, de protéger la santé de nos enfants. On nous traitera peut-être de vieux, de ringards, mais le cannabis est une drogue qui génère de nombreux désastres. C'est un peu la fausse bonne idée à la mode qui va tout régler. » Conflit de générations ou simple divergence de point de vue, tous s'accordent en tout cas sur la nécessité d'une meilleure prévention, principalement dans les écoles.