Belgique Au Musée Wellington, dans le centre de Waterloo, une chambre résume on ne peut mieux le drame humain qui s’est joué le 18 juin 1815. Un lit rappelle la mort de Gordon, le fidèle aide de camp du Duc.

ALEXANDRE Gordon était un proche de Wellington. Issu d’une vieille famille écossaise, frère puîné de Lord Aberdeen, qui présidera plus tard aux destinées du gouvernement britannique, il avait, très tôt, rejoint l’armée et participé aux campagnes d’Espagne et du Portugal. Remarqué par Wellington, il était devenu, dès 1810, son aide de camp. Et c’est aux côtés de son chef, le 18 juin 1815, aux environs de 18h30, alors qu’ils chevauchaient tous les deux pour rejoindre les bataillons brunswickois en difficulté, qu’il fut grièvement blessé à la cuisse.

Transporté à l’arrière des combats, il fut amputé, puis ramené à l’auberge Bodenghien, dans le centre de Waterloo, où Wellington avait installé son quartier général. C’est là que le Duc le retrouva, agonisant. "Dieu soit loué, vous êtes sauf !", lui aurait dit Gordon, en le dévisageant. Avant de perdre connaissance.

Wellington passa ensuite dans la chambre voisine pour entamer l’écriture de son rapport. Mais, épuisé, il sombra très vite dans les bras de Morphée. Vers 3 heures du matin, le docteur Hume, qui avait veillé Gordon, vint réveiller le Duc pour lui annoncer que son aide de camp venait d’expirer. Il lui donna aussi les noms d’autres officiers, victimes des combats. Au fur et à mesure de l’énumération, raconte le médecin, des larmes coulèrent sur les joues de Wellington. Visiblement très ému, le Duc aurait dit : "Grâce à Dieu, j’ignore ce qu’est perdre une bataille, mais rien ne peut être plus pénible d’en gagner une en perdant tant d’amis !"

Encore une phrase entrée dans l’Histoire !