Belgique

Le Centre culturel islamique de Belgique renouvelé a été présenté mercredi après-midi à Bruxelles.

L'objectif est de donner un nouvel élan à la gestion de la Grande Mosquée du Cinquantenaire et de constituer un "corps de représentation permettant de corriger la situation actuelle". "L'ingérence étrangère dans les affaires des musulmans de Belgique a eu des effets négatifs. Nous nous voulons neutres et pluriels. La politisation de la foi musulmane doit cesser, l'islam de Belgique ne doit pas être qu'un slogan", a souligné le président du nouvel organisme, Brahim Laytouss. "Tous les musulmans doivent se sentir chez eux en Belgique", a résumé M. Laytouss. "La culture islamique a été trop peu évoquée ces dernières années, nos jeunes ont besoin de musées, de musique, d'art. Se limiter à dire ce qui est permis et ce qui ne l'est pas n'est pas une réponse pour la jeunesse. Nous avons besoin d'un nouveau discours."

Pour le vice-président du centre, Nordine Taouil, il s'agit d'un "moment charnière". L'objectif est de faire de l'édifice symbole de l'islam en Belgique, dont les liens avec l'Arabie Saoudite ont officiellement été rompus au printemps dernier, "une mosquée pour tous, musulmans ou non". "Nous avons déjà le soutien des organisations culturelles du pays, de 80% de la communauté", a affirmé M. Taouil.

La nouvelle structure veut "ouvrir les chemins, dialoguer avec l'autre, exprimer, former une société et un réel vivre ensemble", a complété le secrétaire Abdellah Jouglaf. En organisant des conférences et des événements, il vise à "permettre à toutes les tendances de l'islam de s'exprimer". "Nous nous inscrivons dans les recommandations de la commission parlementaire sur les attentats. Nous sommes en contact avec le ministère de la Justice, mais nous ne ferons pas de politique. Nous refusons toute ingérence et tout financement externe", a-t-il martelé.

Le nouveau centre n'a "rien contre l'Exécutif des Musulmans", a aussi souligné son président. Une rencontre entre les deux organes doit d'ailleurs être fixée d'ici au 20 mars, date à laquelle l'équipe du CCIB rencontrera le cabinet de Koen Geens, a-t-il indiqué.