Belgique

La Fédération Wallonie-Bruxelles ne réformera plus sous cette législature le régime d'aides à la presse écrite, a annoncé mardi le ministre des Médias, Jean-Claude Marcourt (PS). 

Il y a trois ans, celui-ci avait affiché sa volonté de revoir sous cette mandature encore le décret de 2004, pour notamment davantage lier ce soutien public au respect par les journaux des règles de déontologie journalistique.

Fin décembre dernier, le gouvernement avait encore confirmé vouloir déposer un projet de décret en ce sens avant les élections. Mais mardi matin, en commission du Parlement, M. Marcourt a indiqué qu'il ne soumettrait finalement aucun décret à l'approbation des députés.

Les modalités pratiques pour sanctionner le non-respect de la déontologie professionnelle n'ont pas fait consensus avec les acteurs, a confié le ministre lors d'un débat en commission sur un projet de décret Ecolo remontant à 2014 sur les aides à la presse ainsi qu'une proposition plus récente de résolution MR suggérant une série d'initiatives pour aider le secteur de la presse, actuellement en crise.

Tout en saluant ces propositions, la majorité PS-cdH a toutefois jugé qu'il n'était pas souhaitable d'approuver ces textes dans la précipitation, à deux mois à peine du scrutin du 26 mai prochain. Les deux textes ont été remis dans l'arriéré, dans l'attente d'une décision de la conférence des présidents.

En raison de la fin prochaine des travaux de l'assemblée, une approbation avant le renouvellement du Parlement paraît toutefois fort improbable.

Les prochaines élections crispent les discussions

Signe de la fièvre électorale qui monte, le débat en commission a donné lieu mardi à des échanges acerbes entre députés MR et PS, le socialiste Patrick Prévot qualifiant notamment la résolution MR de "démarche électoraliste", le coût des propositions suggérées - notamment un abonnement de six mois gratuit à un quotidien pour tout jeune de 18 ans grâce à une intervention financière de la Fédération - n'ayant pas été évalué.

Agacé par ces critiques, Olivier Maroy (MR) a lui une nouvelle fois dénoncé le maigre bilan, à ses yeux, du ministre des Médias au long de cette législature.

Les groupes de presse francophones se partagent une bonne dizaine de millions d'euros de subsides d'aide à la presse, un montant qui a été augmenté de 10% sous cette législature.