Langues à l'école: imposées ou au choix, un peu ou beaucoup

SOPHIE LEBRUN Publié le - Mis à jour le

Belgique

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Le monde francophone belge a encore à l'esprit l'objectif prononcé il y a quelques années par Laurette Onkelinx, alors ministre de l'Education en Communauté française: `Tous bilingues en 2001´. En 2002, force est de constater que le but est loin d'être atteint, même si un effort a été fait pour améliorer l'apprentissage des langues dans le cadre scolaire. Le Parlement de la Communauté française se penche d'ailleurs sur le sujet, ce 8 janvier (cf. ci-contre).

Où en est-on aujourd'hui? Quelles langues étrangères peut-on ou doit-on apprendre à l'école en Communauté française?

En maternelles, il n'existe aucune obligation en matière d'apprentissage des langues. Des initiatives locales sont autorisées à certaines conditions. Le décret réorganisant l'enseignement fondamental (juillet 1998) permet ainsi aux écoles d'organiser un apprentissage précoce, ou, plus poussé, un apprentissage par immersion dès la 3e maternelle (lire ci-dessous). Des cours - facultatifs - de `langue et culture d'origine´ peuvent aussi être organisés à partir de la maternelle (lire ci-contre).

Dès les primaires, la règle diffère selon que l'on est en zone unilingue (Wallonie), en Région bilingue (Bruxelles), dans une commune à statut spécial...

C'est en Wallonie que les règles sont les moins contraignantes. L'apprentissage d'une seconde langue est obligatoire, depuis 1998, en 5e et 6e années primaires (2h/semaine), même si quelques écoles commencent en 3e. L'école peut organiser l'allemand, l'anglais ou le néerlandais. La plupart ne proposent qu'une seule langue, mais une sur quatre offre le choix entre deux langues. Soit dit en passant, cet élément peut devenir, à côté de la proximité, du projet pédagogique, du réseau... un critère de choix d'une école.

A Bruxelles et dans les communes dites `de la frontière linguistique´, le néerlandais est imposé, et ce, dès la 3e primaire à raison de 3h/semaine; à partir de la 5e année, il occupe même 5h/semaine. Le même horaire est imposé dans les établissements des communes `malmédiennes´ (Malmedy, Bellevaux-Ligneuville, Beverce, Faymonville, Robertville et Waismes), à Baelen, Plombières et Welkenraedt, mais là, l'école a le choix entre le néerlandais et l'allemand.

Dans les communes dites `dotées d'un statut propre´ (à facilités, telles que Kraainem, Wezembeek-Oppem...), l'enseignement fondamental peut, à certaines conditions, être dispensé en français. Dans ce cas, les élèves ont 4 heures de néerlandais en 3e et 4e années, 8 heures en 5e et 6e.

Des cours de `langues et cultures d'origine´ et l'apprentissage par immersion sont aussi organisés au niveau primaire.

Dans le secondaire: l'apprentissage d'une langue étrangère à 4h/semaine est obligatoire dès le 1er degré, sauf en 1e B (accueil) et en 2e P (professionnelle). A partir de la 3e, l'élève peut en outre suivre une seconde et une troisième langue.

A Bruxelles et dans les communes à facilité, la première langue étrangère apprise en secondaire est - en continuité avec les primaires - le néerlandais, sauf dérogation (quand on est enfant d'un diplomate par exemple). En région wallonne unilingue, il peut s'agir du néerlandais, de l'allemand ou de l'anglais. Le décret de 1998 encourage vivement l'élève à garder la langue étudiée en primaires - bien qu'actuellement, ce conseil ne soit pas tellement suivi. Un chiffre? En 2001-02, 51 pc des élèves wallons de 1e année du rénové ont suivi, comme langue moderne I, le néerlandais - en légère hausse -, 47 pc l'anglais, et 2 pc l'allemand.

La langue moderne II peut être, l'anglais, le néerlandais, l'allemand, l'espagnol, l'italien ou l'arabe. La 3e langue peut être, en plus de toutes celles déjà citées, le russe - très rare dans les faits.

Bref, le volume et le choix de langues étudiées à l'école varient fort d'un élève à l'autre. Ils dépendent à la fois de la région, des choix de l'élève (son horaire de cours peut compter jusqu'à 12 périodes de langues modernes en rhéto) et de ceux de l'école (elles ne proposent parfois qu'une partie des langues).

© La Libre Belgique 2003

SOPHIE LEBRUN

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