Belgique

Une jeune adolescente de 12 ans, originaire de Durbuy, s’est suicidée jeudi dernier, le 3 décembre. Laura a mis fin à ses jours dans sa chambre. Dans une lettre adressée à ses parents, elle explique avoir été victime de harcèlement, indiquaient mercredi les journaux de "Sudpresse". La jeune fille n’aurait pas supporté une trahison d’amitié, qui l’a amenée à être harcelée sur Facebook et par messages. "Un harcèlement d’une seule personne, qui a abouti à un drame. Ne sachant pas quoi faire, elle a choisi la mort", explique sa mère, à qui Laura a laissé les codes d’accès à son profil Facebook.

Incompréhension totale

Le suicide des adolescents reste un phénomène complexe à comprendre et, plus encore, à accepter. Il est pourtant la deuxième cause de décès chez les jeunes, après les accidents de la route. Sans compter les tentatives qui n’entraînent pas la mort.

Pourquoi un ado pense-t-il à mourir ? Une rupture amoureuse, des prises de tête avec les parents, des soucis avec les copains à l’école, la difficulté de sentir son corps qui se transforme… La plupart passent à travers, sans trop de dégâts. Mais certains jeunes, plus sensibles ou plus fragiles, ne résistent pas et se laissent aller à des idées suicidaires.

En matière de suicide, il y a une règle fondamentale : prendre toutes les allusions ou menaces très au sérieux. L’adage qui veut que celui qui en parle ne passe pas à l’acte est faux.

Mais quand les jeunes ne parlent pas de leur mal-être, que tout semble aller si bien ? - c’était le cas de Laura. "C’est l’incompréhension totale, témoigne sa maman dans "Sudpresse". Nous sommes une famille très unie. On se parle beaucoup. […] Elle ne nous a rien confié. Elle était toujours aussi souriante."

Pour les directions d’écoles, ce n’est pas simple de trouver les mots justes. Le collège Saint-Roch de Ferrières, où Laura était scolarisée, a très vite communiqué, dès le lendemain matin du drame.

"Pas une solution"

"Cette triste nouvelle endeuille toute notre communauté fortement bouleversée", écrivait le directeur, Benoît Dardenne aux parents et aux élèves de l’école.

Relayant le souhait des parents, la direction insiste en délivrant "un message de vie et d’espoir à tous nos élèves" en leur disant que "ce geste irrémédiable n’est jamais une solution".

Il poursuit : "Alors, que s’est-il donc passé dans la tête et dans le cœur de Laura, une jeune fille joyeuse et pleine de projets qui aimait tant sa nouvelle école et qui était un rayon de soleil dans sa famille ?"

La question nous taraude tous, nous ébranle, ajoute-t-il. "Et pourtant, je vous invite à recevoir la terrible nouvelle sans juger, sans chercher ni le pourquoi ni le comment… Quand une question aussi grave s’impose à nous, nous cherchons naturellement des réponses, mais le mystère de la raison de ce geste ne peut se réduire à une ou quelques causes."