Belgique

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué au cours des douze derniers mois ?

Il faut bien considérer qu'on est dans une période de transition forte, suite au résultat des élections. Au Nord du pays, le verdict a été totalement opposé à celui des précédentes élections fédérales, avec un grand retour, en cartel, des chrétiens-démocrates flamands, tandis que les deux vainqueurs d'alors, l'Open VLD et le SP.A étaient sévèrement défaits. Et au Sud, il y a un fort recul du PS, devancé pour la première fois par le MR en Wallonie. On a alors assisté à six mois chaotiques autour des négociations oranges-bleues, à l'issue desquels un gouvernement intérimaire s'est mis en place dans des conditions pas optimales.

On reste dans cette phase où tout le monde a le sentiment que rien ne fonctionne et on passe régulièrement par des épisodes psychodramatiques. On nous fait des choses qui n'ont jamais été faites, comme un vote rôle linguistique contre rôle linguistique en commission de l'Intérieur de la Chambre. Et on ne fait plus ce qui se faisait régulièrement, c'est-à-dire discuter longuement, après avoir affirmé ses positions, pour atteindre un compromis satisfaisant. Beaucoup d'hommes politiques n'ont connu que la Belgique fédérale et ont un autre rapport à la notion de compromis entre Communautés. A quoi s'ajoutent une forme d'inexpérience et des relations parfois exécrables entre les personnes.

Comment voyez-vous la suite ?

La Belgique a déjà connu des crises mais là, un an de quasi-inactivité gouvernementale et parlementaire, c'est quand même très long ! Le 15 juillet est une date non-sens. Il faut prendre les choses dans l'autre sens : quand deviendra-t-il très difficile de parvenir à un accord ? A mon avis, la réponse à cette question est : à la rentrée parlementaire. Après, tout le monde sera dans la préparation des élections régionales. Les élites politiques parviendront-elles à élever le débat ? Voilà la question...