Belgique

Depuis quelques mois, l'actualité est essentiellement wallonne, même dans la presse du Nord, si l'on excepte les faits divers tragiques de Bruxelles et d'Anvers. Sur le plan purement politique, la Flandre connaît une période de stabilité. Et pourtant, dans cette région prospère, où justement un double meurtre à caractère raciste particulièrement odieux a constitué l'événement le plus marquant de ces derniers mois, l'extrême droite parvient encore et toujours à séduire de nouveaux électeurs.

Avec 26,6 pc des voix (+0,9 pc), le Vlaams Belang perce son plafond précédent (26,1 pc, c'était en septembre dernier) et arrive à un dixième de point du cartel CD&V/N-VA. (26,7 pc; -0,2). Ce dernier resterait donc de justesse le premier ensemble politique flamand. Reste que la marge d'erreur d'un sondage ne permet même pas de l'affirmer, d'autant que l'on sait que le vote extrémiste est toujours un peu sous-estimé dans ce type d'exercice, certains n'osant pas affirmer ouvertement leurs convictions. Le Vlaams Belang est donc peut-être bien devenu le premier parti de Flandre, plus grand à lui tout seul que tous les cartels concurrents. Lors des dernières élections en date, régionales de juin 2004, le cartel CD&V/N-VA avait obtenu environ 2 pc de plus que le Belang.

Mais l'information la plus significative de ce sondage estival est néanmoins ailleurs: c'est la contre-performance du VLD. A 16,9 pc (-2,0 pc), les libéraux flamands n'ont jamais été aussi bas, comme si plus rien désormais ne pouvait enrayer leur chute, alors que le VLD est le plus actif des partis flamands sur le front de la communication (à cet égard, la comparaison avec le SP.A est flagrante). Les «pleins pouvoirs» de Bart Somers, la relative discrétion du trublion Jean-Marie Dedecker (et celle de Karel De Gucht...), la campagne de marketing tous azimuts sur le «hardwerkende Vlaming» («le Flamand qui travaille dur»), rien n'y fait, et l'on ne voit plus guère ce que le VLD peut encore bien faire pour remonter dans les sondages.

En tout cas, le virage à droite, amorcé en partie et que certains libéraux accentueraient bien, n'est peut-être pas la panacée. Lorsque l'on compare les résultats du sondage à ceux du scrutin de 2004, les électeurs montrent une remarquable stabilité... excepté 2 pc d'électeurs de VLD-Vivant qui sont passés au Belang. Le calcul est purement mathématique mais pourrait bien correspondre à une réalité.

Le cartel SP.A-Spirit apparaît stable à 19,9 pc (+0,3), pratiquement son score des régionales. Le délicat passage de témoin entre Steve Stevaert et Johan Vande Lanotte n'aura pas affecté durablement le score du parti, même si sur le long terme, en comparaison avec le scrutin de 2003, l'érosion est bien là.

Enfin, Groen! s'affiche en hausse à 7,6 pc (+0,8). C'est peu pour participer au pouvoir, mais c'est suffisant pour repousser les offres de cartel, réitérées à chaque élection par les socialistes.

© La Libre Belgique 2006