Belgique

La semaine dernière ("La Libre" du 5 juillet 2014), nous apprenions que l’ASBL "La Pensée et les Hommes" en charge depuis de très nombreuses années de l’émission du même nom, temps d’antenne concédé par la RTBF à la morale non confessionnelle, attaquait le Cal (Centre d’Action laïque) en justice. En effet, le centre qui fédère 7 régionales et 27 associations laïques, dont "La Pensée et les Hommes" a signifié à l’ASBL qui gère cette émission depuis de très nombreuses années que le Cal souhaitait reprendre en main l’ensemble des émissions télés et radios. Une situation dénoncée par "La Pensée et les Hommes" qui, après avoir, semble-t-il, par tous les moyens, tenté de régler le problème en interne, a décidé de porter l’affaire devant la Cour constitutionnelle, à qui, elle demande de casser la décision validée par la ministre de la Culture, Fadila Laanan. L’avocat de l’ASBL, Marc Uyttendaele parlait, la semaine dernière de "putsch réglementaire" .

Le respect des procédures

Au Cal, le nouveau président Henri Bartholomeeusen, hérite donc d’une situation décidée par son prédécesseur, Pierre Galand, juste avant de passer la main. La semaine dernière, le Cal avait préféré attendre pour réagir à l’action intentée par "La Pensée et les Hommes" devant le Conseil d’Etat.

C’est désormais chose faite, puisque le Centre d’Action laïque a réagi lundi matin. "Son action pionnière et mémorable (celle de l’émission, NdlR) pour donner la parole à la pensée laïque est incontestable. Mais au fil du temps, son légitime souci d’autonomie et d’indépendance, caractéristique largement répandue dans le monde laïque, s’est transformé en attitude de repli omniscient et omnipotent, confisquant au nom d’un petit groupe, voire d’une seule personne, la communication audiovisuelle laïque", explique le Cal dans un communiqué pour justifier son choix de reprendre la main sur les émissions concédées.

Plus loin, le centre justifie son choix par une demande interne : "Le Cal n’a repris la gestion des émissions audiovisuelles que sur la demande insistante des autres composantes du mouvement, après des années de tentatives pour amener "La Pensée et les Hommes" à faire évoluer sa politique et après que cette dernière eut négligé son obligation de renouveler sa demande de reconnaissance." Enfin le Cal entend affirmer que l’ensemble de la procédure s’est déroulé de manière totalement correcte : "Dans le respect des procédures statutaires et du prescrit légal, sous le contrôle du conseil d’administration et après en avoir informé l’ASBL plusieurs mois à l’avance. Elle ne saurait être qualifiée de sournoise." Il restera donc à attendre la décision du Conseil d’Etat.