Belgique

Cet article a été rédigé par Laura Regaglia, étudiante à l’Ecole de Journalisme de Louvain (UCL), dans le cadre des travaux pratiques de Master.


Bruno Humbeeck est psychopédagogue, spécialiste de la résilience et des questions de harcèlement. Il est le directeur du CREAS (Centre de Ressource Educative pour l’Action Sociale). Selon lui, Il existe des périodes plus propices au cyber-harcèlement.


« En septembre, vous n’avez aucun souci au niveau du cyber-harcèlement dans les écoles. Vers le 15 octobre, à l’approche de l’automne, les élèves commencent à évacuer de manière progressive certains membres de la classe. C’est ce que l’on appelle la période de délestage .» Dès lors, des phrases reviennent systématiquement comme: « On serait quand même mieux si un tel n’était pas là! » Certains élèves commencent aussi à attribuer un surnom péjoratif à d’autres, par exemple.

Ces mises à l’écart se retrouvent souvent sur les réseaux sociaux. « Il ne faut pas croire qu’un refus d’invitation sur Facebook n’aura pas d’impact sur une personne, cela veut très clairement dire: je ne veux pas être ton ami. » D’après Bruno Humbeeck, chaque fois que quelqu’un se voit refuser une invitation à devenir ami sur Facebook, il aurait tendance à évaluer de trois degrés en moins la température de la pièce dans laquelle il se trouve. Un rejet est donc vécu même physiquement.

La moyenne saison

On commence à entrer dans la moyenne saison du harcèlement à partir du mois de décembre. « On parle de difficultés, de problèmes d’intégration mais on est encore dans quelque chose de soutenable », précise Bruno Humbeeck. On constate alors les premières situations de désespoir auprès des jeunes concernés mais on ne parle pas encore de désespoir « absolu ».

La haute saison

La haute saison du harcèlement s’étend du mois de janvier jusqu’à la mi-mai. C’est une période très difficile qui se déroule dans toutes les écoles. « Les vacances de printemps donne une fausse illusion de souffler car les groupes sont figés. Mais le cyber-harcèlement reprend vite après ces vacances . »

Bruno Humbeeck ajoute: « A partir de la mi-mai, la tension descend d’un cran car la classe sent qu’elle va être disloquée. Les examens approchent et évacuent les résidus de tension. Généralement, le cyber-harcèlement s’arrête. »

Le problème avec ces saisons liées au cyber-harcèlement, c’est qu’elles recommencent en boucle. Le harcèlement risque donc de reprendre de plus belle au mois d’octobre.