Belgique

"Ne nourrissez pas les réfugiés. Sinon d’autres viendront." En s’exprimant ainsi sur les ondes de la radio néerlandophone Radio 2, Carl Decaluwé (CD&V) a choqué de nombreux citoyens et politiques. De nombreuses personnes ont réagi car elles ont vu dans la sortie du gouverneur CD&V une comparaison avec de simples mouettes affamées à la côte.

Des propos qui choquent

La charge controversée de Carl Decaluwé fait suite à une action de distribution de nourriture menée le week-end dernier par des bénévoles autour du port de Zeebruges. Depuis plus d’un mois maintenant, de nombreux migrants, lassés de voir leurs tentatives d’évasion vers la Grande-Bretagne échouer, quittent les camps insalubres de Calais et de Grande-Synthe pour venir vers Zeebruges, où les mesures de sécurité ne sont pas aussi soutenues. Installé autour du port, ils tentent alors de se cacher sur une embarcation à destination de l’Angleterre.

Les réactions ont été vives sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, beaucoup s’interrogent sur l’attachement de l’homme politique aux valeurs du parti chrétien flamand. D’autres relèvent le caractère inhumain du discours qui rabaisse l’homme à un animal. Le curé de Zeebruges a quant à lui déjà pris position en affirmant qu’il ne cesserait pas la distribution de nourriture autour des campements de fortune.

Les associations prennent le pas

Le Ciré (Coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers) n’a d’ailleurs pas tardé à réagir aux propos du gouverneur et dénonce dans un communiqué les conditions de vie des migrants qui errent autour du port : "Ils se retrouvent dans des conditions humanitaires déplorables: pas d’accès à de l’eau potable ou à des sanitaires, pas d’endroit fermé et chauffé pour passer la nuit."

L’organisation lance un appel à l’aide et demande aux autorités belges que "de l’aide humanitaire et médicale soit mise en place urgemment à la côte, pour assurer la dignité des migrants".

Plus largement encore, le Ciré demande à ce que la Belgique fasse pression sur le Royaume-Uni afin que les migrants puissent s’y rendre de manière sûre et légale. Une proposition qui semble pour le moins utopique.