Belgique

Sur sa page Facebook personnelle, Bernard Altenhoven, le papa de Louise qui a mis fin à ses jours le 3 septembre dernier, a partagé un message d'une internaute qui met l'accent sur les dérives de la toile.

Insultée et harcelée sur le site "ask.fm", Louise, 16 ans, s'est donnée la mort le 3 septembre dernier. Son courageux papa, accablé par la perte d'un être cher, en appelle sur sa page Facebook à plus de prudence sur le net en partageant un message d'une internaute.

"Toi qui es dans mes contacts, adulte ou ado, tu as certainement déjà entendu parler du fameux "ask.fm".

Pour ceux qui ne connaissent pas ( parmi les plus vieux de mes amis ) il s'agit d'un site sur lequel tu peux poser des questions à quelqu'un sans que cette personne puisse connaître ton identité.

Ce jeu pourrait être aussi anodin que le simple "gage ou vérité" de notre enfance, mais malheureusement, l'anonymat permet tous les excès !

Maman d'adolescents, j'ai déjà assisté à des règlements de compte aux raz des pâquerettes via ce support. Ce qui s'y dit est souvent blessant, et se rapproche vite de la vraie violence quand on sait à quel point un adolescent, malgré les apparences, peut être fragile.

Difficile pour les parents de veiller à ce que son ado n'entre pas dans cette farandole de méchanceté gratuite. Même la vigilance ne peut pas toujours freiner les élans des plus agressifs et des plus cons d'entre eux.

Ce statut, je le dédie à ces "petits cons", justement ... Ceux qui se sentent "Dieu Tout Puissant" cachés devant un écran. Ces petit(e)s frustré(e)s qui n'ont pas plus de cervelle qu'un moineau et ne calculent pas les effets collatéraux de leurs comportements. Comment vivrez vous les longues années qu'il vous reste avec la culpabilité sur la conscience ?

Demain, on enterre une jeune fille de 17 ans, qui, persécutée par ses courageux harceleurs tapis dans l'anonymat, a mis fin à ses jours...

Louise était une magnifique adolescente et d'après ce que j'ai pu comprendre dans les témoignages de ses amis, elle était aimée de tous.

Je ne peux m'empêcher de prendre part à la douleur immense que ressentent ses proches, terrassés par le chagrin et l'incompréhension."


Une éducation à l'utilisation des réseaux sociaux

Bernard Altenhoven s'est également exprimé dans le JT de la RTBF. "On lui disait qu'elle était moche, qu'elle devait aller se pendre", explique-t-il. "Ses amis se sentent harcelés aussi. Ils disent qu'un jour, ils iront rejoindre Louise parce que c'est trop dur". Sur Ask.fm, les internautes reçoivent des questions de la part d'utilisateurs identifiés ou anonymes. "Les gens se servent de l'anonymat pour insulter les autres, les rabaisser, lancer des rumeurs", témoigne une utilisatrice.

"Auparavant, quand un élève était victime de harcèlement, cela se terminait quand il prenait le bus. Maintenant, avec les réseaux sociaux, cela peut se poursuivre une bonne partie de la soirée, voire la nuit", constate Jean-Pierre Marinx, préfet au Collège Notre-Dame de la Paix à Erpent (Namur) dans le reportage. Les réseaux sociaux ne doivent pas être diabolisés, poursuit cependant le préfet: "Il faut une réelle éducation vis-à-vis des jeunes. Ils doivent savoir quelles sont les limites de l'emploi qu'ils peuvent en faire. C'est aussi une question de respect de la personne".

D'un point de vue judiciaire, la procédure dans des cas avérés est lourde et son aboutissement incertain.

La prévention et le dialogue restent la meilleure solution.