Belgique

Vendredi matin, le ministre de la Défense, André Flahaut, a décidé de placer une centaine de militaires en alerte pour une éventuelle intervention de nettoyage sur les plages suite à l'apparition de boulettes de fioul, jeudi, sur les plages de Coxyde, Saint-Idesbald et La Panne. Des traces d'hydrocarbures qui ne proviendraient pas du Tricolor, comme supposé dans un premier temps, mais du... Prestige.

«Ce n'est encore qu'une supposition», explique l'Unité de gestion du modèle mathématique de la mer du Nord (UGMM). «Pendant le week-end, des boulettes similaires ont été ramassées sur les plages du côté de Boulogne-sur-Mer et les analyses ont démontré qu'il s'agissait du pétrole du Prestige.»

Presque dix mois après son naufrage, le 19 novembre 2002, le pétrolier refait donc parler de lui. Du moins en Belgique puisque chez nos voisins français, par exemple, des rejets de pétrole sur les plages atlantiques ou de la Manche sont régulièrement signalés.

«C'est un pétrole qui se dégrade très lentement et dont une partie se déplace entre deux eaux au gré des courants», reprend Sigrid Maebe de l'UGMM. «Maintenant, il faut voir s'il s'agit de résidus de la pollution due au naufrage ou s'il est plus récent puisque des fuites ont encore lieu actuellement.» Vu la profondeur des eaux à l'endroit du naufrage, il n'a, en effet, pas été possible de colmater toutes les fuites et les premières prédictions voulant que le pétrole se solidifie ne se sont pas révélées exactes. Il semble donc que le Prestige n'a pas fini de polluer nos mers et nos rivages.

Au tout début du mois, les hauts fonctionnaires espagnols, portugais et français se sont d'ailleurs réunis, à Madrid, pour compiler les données nationales se rapportant à cette pollution. Il en est ressorti que 23 000 tonnes de fioul provenant du Prestige ont été ramassées en mer et 19 500 tonnes à terre. Etant donné que la carcasse du pétrolier enferme encore quelque chose comme 13 800 tonnes d'hydrocarbures et que les trois pays estiment que 4 275 tonnes de fioul se sont évaporées ou biodégradées, le total atteint pratiquement les 61 000 tonnes alors que le Prestige avait déclaré 77 000 tonnes de pétrole. Reste 16 000 tonnes qui se baladent.

© La Libre Belgique 2003