Belgique

Dimanche soir, il y avait foule au centre communautaire de Joli-Bois à Woluwe-St-Pierre. Près de 600 personnes, principalement des riverains de l'aéroport national, se sont déplacées pour assister au grand débat public bilingue organisé par trois associations (Awacss, Ubcna Bruxelles-BUTV Brussel) sur la problématique des nuisances sonores.

Pour la première fois depuis des années, les organisateurs ont réuni des responsables politiques francophones et néerlandophones : Isabelle Durant (Ecolo), Olivier Maingain (FDF/MR), Benoît Cerexhe (CDH), Karine Lalieux (PS), Etienne Schouppe (CD & V), Luk Van Biesen, Tinne Van Der Straeten (Groen) et Lieven Ral (Spirit). A l'exception de quelques cris qui ont accueilli des positions (pas d'alternative au plan de dispersion, a dit M. Ral, etc.), l'assemblée a écouté avec attention les orateurs. A croire les partis francophones, suivis par Open VLD (changement de position dans le chef du parti du Premier ministre Verhofstadt) et Groen, les jours du plan de dispersion baptisé "Plan Anciaux" (du nom de l'ancien ministre Bert Anciaux et en application depuis 2004) sont comptés. Ils se sont engagés à obtenir son abolition après les élections.

Au nom de son parti, Benoît Cerexhe fait de "la révision du plan Anciaux un préalable à toute négociation". Seuls le CD&V et Spirit défendent encore l'organisation actuelle des mouvements d'avions à Brussels Airport, mais Etienne Schouppe s'est prononcé pour un arrêt progressif des vols de nuit. Le son de cloche d'un autre représentant CD&V diffère de la position de l'ex-patron de la SNCB. "Le CD&V est aussi contre le plan Anciaux et notre position est le retour à la situation d'avant 1999", nous a confié Eric Van Rompuy, échevin à Zaventem et député au parlement flamand.

Exigences raisonnables

La question des astreintes que le gouvernement bruxellois hésite à exiger du fédéral est aussi revenue sur la table. Ministre bruxellois de l'Economie, Benoît Cerexhe a regretté que les francophones du fédéral n'aient rien fait pour s'opposer au plan de dispersion. D'après lui, si ceux de l'exécutif bruxellois avaient eu leur soutien, ils "seraient allés jusqu'au bout." A l'instar de certains membres de l'assemblée, CDH et Ecolo ont aussi plaidé pour que le fédéral dévoile contenu de la convention signée avec le groupe australien Macquarie, à qui il a cédé, en 2004, 70 pc du capital de l'ex-Biac (aujourd'hui Brussels Airport company), société gestionnaire de l'aéroport national. La convention ferait la part belle à Macquarie au regard de l'évolution du dossier.

Les organisateurs du débat ont présenté les revendications des riverains : plafonner les vols de jour à 250 000 mouvements, respecter les décisions de justice, prévoir des mesures d'isolation et d'expropriation, etc. "Vos revendications sont raisonnables et pas inaccessibles", a dit Isabelle Durant. "Le dossier sera sur la table du prochain gouvernement, j'ose espérer qu'on mettra effectivement fin au plan de dispersion et qu'il y aura une décision politique à long terme pour l'aéroport", nous a confié Peggy Cortois, porte-parole des associations de l'Oostrand (est de bruxelles).