Belgique

Le roi Philippe avait osé sortir de sa zone de confort le 31 janvier, lors de son dernier discours à la Nation. Il avait livré un message inhabituel. Engagé. Pour s’élever contre les prémisses d’une société occidentale recluse sur elle-même que laissaient entrevoir le Brexit et l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Six mois plus tard, il fait résolument le pari de l’optimisme et de l’ouverture aux autres.

Découvrez le discours du 21 juillet 2017 ici.

Dans son discours à l’occasion de la Fête nationale, prononcé depuis son bureau du Palais royal de Bruxelles, il constate qu’“un vent d’optimisme souffle sur notre économie et sur le marché de l’emploi”. La croissance économique s’améliore (1,6 % du PIB en 2017, contre 1,2 % en 2016), des emplois sont créés. Il faut en profiter, dit le Roi, en misant sur “une société inclusive, dans laquelle personne ne se sent abandonné”.

Une réponse au chômage des jeunes

Comment y parvenir ? Par l’apprentissage, suggère-t-il. Apprentissage au sens large. Celui de l’école, bien sûr. Il voit dans la formation en alternance – une thématique qu’il suit depuis plusieurs années, encore récemment lors d’un voyage en Suisse – une réponse au chômage endémique des jeunes.

L’école, donc, le travail, mais aussi l’apprentissage par le lien social, la rencontre de l’autre, poursuit le Roi. Les nouvelles technologies – autre sujet qui lui est cher – offre moult opportunités de développement. C’est notamment “l’âge du savoir immédiat et omniprésent”. Mais qu’il faut pouvoir maîtriser, ne pas se laisser submerger par l’ère des contrevérités et des “fake news”. Il propose ainsi aux jeunes de profiter de l’expérience “de leurs aînés”. Qui peuvent les aider à “prendre du recul”. “Encourageons la rencontre de l’enthousiasme et de la créativité avec la sagesse et l’expérience de vie”, souffle le souverain.

L’iftar avec une famille musulmane

Enfin, il y a la réunion des diverses communautés culturelles. Sans doute la plus périlleuse. Mais “aller à la rencontre d’une autre culture est aussi une occasion de s’enrichir mutuellement”, estime Philippe. Il en veut pour preuve sa visite à une famille musulmane, à Evergem, avec laquelle il a pris le repas de rupture du jeûne (appelé iftar) durant le ramadan, il y a un gros mois.

Dans son esprit, le Roi ne nie pas les différences, réelles et parfois profondes, qui existent entre les cultures, amplifiées par la peur des attentats en Europe. Et c’est la communauté musulmane qui est la plus exposée à l’opprobre populaire. Mais il invite ses concitoyens à essayer de surmonter ces différences, à découvrir les atouts de chacun, pense-t-il, parce qu’“il y a dans notre pays […] une communion de valeurs”.

“Les perles de notre société”

“Cherchez à apprendre au contact des autres et avec les autres”, propose le Souverain en guise de conclusion. “Vous découvrirez que vous partagez les mêmes interrogations, les mêmes doutes, les mêmes espoirs, les mêmes rêves que vos voisins.”

Se référant aux nombreuses visites de terrain que la Reine et lui ont effectuées ces derniers mois, il qualifie de “perles pour notre société” toutes ces initiatives qui viennent en aide “aux plus vulnérables”. “Je suis persuadé que nous pouvons tous tirer les bénéfices de la nouvelle dynamique qui semble s’amorcer”, termine-t-il, optimiste.