Belgique

Les usagers du rail devront prendre leur mal en patience le 20 mai. Après une ultime réunion ratée vendredi 16 mai entre les syndicats et la direction du groupe ferroviaire SNCB, les cheminots se croiseront les bras ce jour dans le cadre d'un préavis de grève déposé le 9 mai. "Nous n'avons pas eu de réponses à nos interrogations et, dès lors, la grève est devenue inévitable. Nous espérons que la direction viendra rapidement avec des propositions plus sérieuses, sinon, d'autres actions suivront" , nous a confié dimanche Gérard Gelmini, président de la CGSP-Cheminots. Le mouvement est une grève de 24 heures qui commencera le lundi 19 à 22 h pour se terminer le lendemain à la même heure. Mais il faudra probablement attendre quelques heures pour que le trafic redevienne normal sur le réseau. Il est l'oeuvre des deux syndicats reconnus (CGSP-Cheminots, CSC-Transcom) et est soutenu par les deux autres organisations non reconnues, le syndicat libéral (CGSLB) et celui des conducteurs (SIC).

Davantage de flexibilité

A l'origine de la grève, l'accord social jugé insuffisant par les cheminots qui l'ont massivement rejeté, il y a quelques jours. Pour rappel, la SNCB demande davantage de flexibilité et de disponibilité aux cheminots. Elle leur offre, en termes de compensations, une augmentation des primes : + 10 pc pour la prime de productivité, même progression pour celle liée au travail de samedi et + 5 pc pour les prestations de nuit. Pour le salaire, l'entreprise propose à ses agents une hausse en deux temps : + 320 € au 1er juillet 2008 (soit 11 pc du salaire moyen du cheminot) et une augmentation identique au 1er juillet 2009.

Dans le train des compensations financières, la SNCB revoit la valeur faciale des chèques-repas en l'augmentant de 70 centimes d'euros (ils passent de 4,80 € à 5,50 €). Les organisations représentatives des agents de la SNCB exigent bien plus et étrillent les propositions de la direction. "La direction vient avec des propositions vexatoires comme, par exemple, des mesures visant à supprimer les 13 jours annuels de congés compensatoires des fonctionnaires. Elle ne nous propose rien en ce qui concerne les aménagements de fin de carrière, notamment pour les accompagnateurs et les conducteurs. Nous ne demandons pas la prépension, mais au moins un assouplissement des horaires" , dit le patron de la CGSP-Cheminots . Sur le volet pécuniaire, il revendique une hausse salariale, toujours en deux temps, mais "par exemple 3 fois 400 € si on signe un accord sur trois ans ou encore 2 fois 500 €. Au vu des efforts de productivité consentis par les cheminots et vu la bonne situation financière de l'entreprise, la direction peut bien faire un effort" .

Nouvelle réunion le 21 mai

Même analyse sur le plan pécuniaire et le caractère insuffisant des offres de la direction. "Les propositions de la direction frisent la provocation quand elle refuse de généraliser le temps partiel, notamment pour les fonctions contraignantes. Sur les cinq dernières années, la productivité des cheminots a augmenté de 32 pc, alors il faut arrêter de toujours demander davantage sans offrir grand-chose aux agents. Nous demandons une hausse du pouvoir d'achat, par exemple, 1 000 €" , renchérit Dominique Dalne, secrétaire général de la CSC-Transcom.

En attendant, la grève étant devenue "inéluctable" de l'aveu même de la SNCB, syndicats et direction du groupe présentent des excuses aux usagers. La direction invite "les voyageurs à prendre leurs dispositions pour le mardi 20 mai" . L'opérateur SNCB propose un "sorry pass" (un libre-parcours d'un jour non nominatif) aux détenteurs de cartes train dès le 21 mai (jusqu'au 30 juin, mais à utiliser avant la fin de l'année). Un nouveau round de négociations est prévu avec les syndicats mercredi après-midi.