Belgique

En Communauté française, l'histoire de l'enseignement est aussi l'histoire de tentatives de réformes qui n'ont jamais abouti, malgré les constats alarmants sur la qualité de cet enseignement.

Aujourd'hui, le grand espoir des acteurs institutionnels de l'école est que le Pacte d'excellence soit enfin cette réforme qui puisse fondamentalement ragaillardir l'institution scolaire.

Construit depuis plus de deux ans par l'ensemble de ces acteurs institutionnels, le Pacte était déjà un édifice fragile, tant le terrain demeurait sceptique quant à ses intentions. Cette semaine, avec la crise politique qui plonge l'avenir dans l'incertitude, il a pris un fameux coup de bambou.

Le MR est mis en garde

C'est pour le sauver que les acteurs du groupe central qui coordonnent le Pacte (les représentants des fédérations de pouvoirs organisateurs, des organisations syndicales et des fédérations d’associations de parents ) se sont réunis ce jeudi. Ils ont pu rédiger ensemble une déclaration commune offensive qui insiste pour dire que la réforme ne peut « être tributaire des changements de majorités parlementaires ».

Ils considèrent que les craintes du terrain « doivent être entendues », mais que l'avis numéro 3 qui fixe les horizons de la réforme demeure « la feuille de route » indispensable à l'avenir. Ils demandent du coup aux partis qui constitueront la nouvelle majorité en Fédération Wallonie-Bruxelles « d’inscrire leur action de réforme de l’enseignement dans ce cadre et de s’engager à mobiliser les moyens nécessaires pour mettre en œuvre les objectifs que le Pacte contient »

Songeant sans doute au souhait du MR de remettre en cause l'allongement du tronc commun, les acteurs du Groupe central rappellent que le Pacte est une réforme systémique, et que « toute remise en cause d’un élément qui fait partie des équilibres du Pacte pour le court, le moyen ou le long terme revient à remettre en cause l’existence du Pacte lui-même ».

Ils soulignent en outre les liens indissociables qui existent entre la mise en œuvre du Pacte et la réforme en cours de la formation initiale des enseignants qui en constitue une condition indispensable.

Des votes urgents

Enfin, les représentants du groupe central insistent pour que le Parlement et le gouvernement adoptent sans attendre les textes et l’ajustement budgétaire qui doivent permettre la concrétisation des premières mesures du Pacte à la prochaine rentrée scolaire (encadrement renforcé en maternel, aide administrative aux directeurs du fondamental et du spécialisé, y compris le phasage des plans de pilotage et renforcement des équipes de conseillers pédagogiques) ; ainsi que les autres textes qui doivent être impérativement adoptés sans délai (textes relatifs au cours de philosophie et de citoyenneté, à l’encadrement différencié, à la création de places dans les zones en tension et à la constitution de cellules de soutien pour les établissements d’enseignement supérieur dans le cadre de la réforme de la FIE).

« L’urgence à cet égard est absolue », conclut le communiqué.