Belgique

Il y a 11 mois, Sœur Emmanuelle s’éteignait dans le midi de la France à quelques encablures de son centenaire. Son œuvre allait-elle pouvoir se poursuivre sans sa si magnétique et interpellante présence ? Les Amis de Sœur Emmanuelle qui suivaient depuis plus de 30 ans les activités de la religieuse se sont évidemment posés la question : fallait-il privilégier la diffusion de son message ou poursuivre la récolte de fonds au profit de combats qui lui étaient chers ?

"Pour moi" explique son président Michel Verhulst "c’est d’abord la pérennité de son message qui compte. C’est pourquoi notre souci est de continuer à contacter les écoles et la société en général pour leur dire qui était Sœur Emmanuelle et quel était le sens de son engagement. C’est aussi leur expliquer quel fut l’événement majeur de sa vie qui fit basculer sa destinée : il y avait eu la mort de son père et son entrée dans les ordres mais ce fut sans conteste lorsque, découvrant une jeune chiffonnière, pauvre et sale mais au sourire radieux à Alexandrie, elle se fit houspiller par les filles de riches qui déploraient qu’elle s’approche d’elle. Ce jour-là, à l’âge de 61 ans, elle a décidé de vivre seule parmi les parias pour les aider à retrouver une dignité humaine "

C’est dans cette optique qu’elle reçut de plus en plus de soutiens en Europe y compris donc chez nous.

"Sœur Emmanuelle n’est plus là mais nous devons poursuivre son travail. C’est pourquoi nous continuons à nous brancher très fort sur l’Egypte avec en point de mire l’assistance aux jeunes et aux enfants en milieu urbain dans ce que l’on appelle pudiquement les quartiers informels parce qu’ils ne figurent pas sur les cartes officielles Mais en tant qu’association belge, nous devons aussi aider des projets en République démocratique du Congo tout en restant très proches de l’action de Christophe Ryckmans au Népal. Enfin, comme héritiers de l’action de la religieuse, nous suivons aussi l’éducation des enfants du sud Soudan victimes de la guerre civile. Mais tous ces projets nous renvoient toujours à une phrase forte de Sœur Emmanuelle qui disait que l’argent qui était dans nos poches ne nous appartenait pas. Elle était un électron libre dans l’Eglise catholique en prise directe sur l’Evangile "

Pour relancer toutes ces actions, les Amis de Sœur Emmanuelle accueillent à trois reprises un one-woman show de Pierrette Dupoyet consacré à la religieuse et que cette artiste bien connue du Off au festival d’Avignon y avait créé en 1997.

"Elle avait rencontré Sœur Emmanuelle et avait été attirée par sa forte personnalité. Ce qui déboucha sur un spectacle intitulé L’amour plus fort que la mort. Pierre Dupoyet y raconte sa Sœur Emmanuelle autour d’une interrogation qui interpelle tout être humain lorsqu’il s’interroge sur le sens de sa vie" poursuit Michel Verhulst.

"C’est un superbe témoignage qui s’adresse à tous les publics, aux jeunes comme aux moins jeunes mais aussi aux croyants comme aux non-croyants et par cette approche universelle , il avait eu l ’imprimatur de Sœur Emmanuelle qui l’avait elle aussi apprécié "

L’on pourra applaudir le spectacle de Pierrette Dupoyet, le 30 septembre à 20h15 à Charleroi au centre culturel du Temps choisi, le 1er octobre au centre culturel d’Ottignies et le lendemain 2 octobre au centre culturel des Chiroux. Renseignements : Rue de la Charité, 43 1210 Bruxelles Tél : 02.734.23.95 E-mail : info@soeuremmanuelle.be