Belgique L’appel lancé dans "La Libre" a été entendu par la commission attentats.

La commission d’enquête parlementaire entendra Philippe Vansteenkiste et Eddy Van Calster, les deux fondateurs de l’association de défense des victimes des attentats de Bruxelles qui se sont exprimés lundi dans les colonnes de "La Libre Belgique". C’est le président de cette commission, Patrick Dewael (Open VLD), qui l’a annoncé lundi. Le frère et le mari de Fabienne Vansteenkiste, tuée à Zaventem le 22 mars dernier, souhaitent témoigner des longues procédures administratives et du manque de coordination entre les différents services, qu’ils ont vécus depuis huit mois.

"Il n’est pas toujours évident pour les victimes de s’en sortir en raison du morcellement administratif", a reconnu le procureur fédéral Frédéric Van Leeuw devant la commission. "Nous avons organisé deux réunions avec les victimes. Cela a été extrêmement dur avec certaines. Mais d’autres ont été apaisées", a-t-il ajouté.

Rester "humble"

Le procureur fédéral a dit vouloir rester "humble" devant la douleur des victimes. "On peut toujours faire mieux", a-t-il dit, ajoutant qu’une demi-section de son parquet travaille sur les attentats. Il a notamment suggéré que la Belgique prenne exemple sur la France pour confier au parquet le soin de dresser une liste définitive des victimes.

M. Van Leeuw a aussi précisé que 778 victimes directes et indirectes des attentats avaient été identifiées à ce jour, dont 537 à Zaventem et 241 à la station de métro Maelbeek.

L’audition était publique lundi à la commission. On a ainsi pu entendre le procureur du Roi de Bruxelles Jean-Marc Meilleur souligner la multiplication des dossiers de terrorisme dans son arrondissement, passés de 145 en 2010 à 820 cette année. Beaucoup ont été classés sans suite, mais 76 ont été remis dans les mains du parquet fédéral. Il s’est aussi félicité de la nouvelle banque de données sur les combattants étrangers (FTF). Désormais, "la communication passe très bien".

Ch. Ly.