Belgique

Pour sa 9ème édition, ce grand concours qui mobilise, depuis la rentrée scolaire, 600 élèves du secondaire prend aujourd’hui une envergure internationale. Son initiateur, Michel Van Comphaut, en explique les enjeux et les ambitions. Compte-à-rebours.

Vous êtes attaché au Département de la Recherche et du Développement technologique (SPW) et, à ce titre, votre mission est de sensibiliser les jeunes aux sciences et aux techniques. Quelle est la dynamique de ce concours que vous avez personnellement mis en place depuis 2004 ?

Sa paternité ne me revient pas tout à fait dans la mesure où c’est le ministre S. Kubla qui, à l’origine, en avait lancé l’idée avant qu’elle ne soit mise en chantier par l’un de ses conseillers. Mais le principe de ce concours était alors foncièrement différent dans la mesure où il se bornait à demander aux élèves d’imaginer à la fois le passé, le présent et le futur sur base d’objets usuels en carton. On était donc plutôt dans une relation assez exigüe avec le quotidien et un exercice finalement peu consistant qui, faute de balises, partait dans tous les sens. Et puis, en termes d’apprentissage, la valeur pédagogique restait limitée.

Vous avez gardé l’idée de départ ainsi que la dénomination originelle du concours d’alors mais dans l’optique de lui donner une autre ampleur. Et là, on entre dans une autre dimension !

Exactement. En 2004, j’ai repris cette Odyssée en lui donnant une orientation toute différente, c’est-à-dire en partant de l’idée d’une véritable plongée dans la réalité du monde industriel. Ma proposition était de demander aux participants d’imaginer un objet à la fois innovant, utile, pragmatique, en étroite collaboration avec une entreprise ou un centre de recherche. L’objectif était que les jeunes évoluent dans un environnement réel et non fictif, ce qui a permis à certains de concevoir de véritables prototypes tels que des meubles multifonctionnels, une paire de lunettes ou d’autres objets astucieux s’insérant dans le processus de production d’une entreprise.

On peut imaginer que cette première édition a été un succès puisque les suivantes ont continué de remuer les méninges de nos ados.

Absolument, mais au fil des éditions successives, nous avons voulu éviter les écueils de la dispersion. Dans cet esprit, depuis quelques années, nous imposons un thème et ce afin de pouvoir mieux comparer les démarches et les résultats des groupes en lice. C’est ainsi que la thématique choisie cette année est l’objet de survie.

C’est-à-dire ?

Tout objet pouvant se révéler d’une aide pratique et secourable, que ce soit pour un SDF dans la rue, un promeneur en forêt, un blessé sur la route, dans le désert, partout où la sécurité est en jeu. En l’occurrence, il s’agit d’un thème à la fois proche et lointain qui se prête à toutes les interprétations et toutes les approches.

Les organisateurs Michel Van Cromphaut et Baudouin Jambe, directeur du SPW. © DR

Il s’agit d’un concours destiné uniquement aux élèves de l’enseignement qualifiant ?

Pas du tout ! Cette année, la majeure partie de ceux-ci est d’ailleurs issue de l’enseignement général. Notre but, au contraire, est de l’ouvrir à tous, selon trois niveaux distincts répartis en fonction des cycles respectifs, à raison de groupes de 7 à 10 élèves chapeautés par leur professeur. Ces élèves appartiennent à une même classe ou, le cas échéant, au même niveau. Il faut rappeler que notre démarche, en tant qu’organisateur, est triple : stimuler la créativité, l’innovation et l’esprit d’entreprise. C’est cela qui définit l’ADN de l’Odyssée de l’Objet.

Qui va départager les concurrents et selon quels critères ?

Le jury est composé des designers industriels, d’un membre d’une multinationale, en l’occurrence Solvay, d’un représentant du cabinet ministériel et un autre de notre Département ainsi que d’une inspectrice de l’enseignement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour se prononcer, ils vont prendre en compte le caractère innovant et créatif de l’objet, le choix pertinent du matériau sélectionné en tenant compte de l’aspect environnemental, la pertinence visuelle de la réalisation, les panneaux présentatifs qui ont été réalisés dans son sillage de même que le carnet de route tenu par les élèves. A ces critères s’ajoute une présentation vidéo de leur création d’une durée d’une minute, que ce soit dans une optique promotionnelle ou fonctionnelle.

Quelles sont désormais les dates clefs ?

La date du vernissage de l’exposition est fixée au 29 mars, à proximité de l’auditoire Pedro Arrupe de l’Université de Namur. Y sont conviés les enseignants, les entreprises, les designers et les représentants des centres de recherche qui se sont impliqués et ont contribué à la réalisation de l’objet. Le lendemain du vernissage, l’exposition sera ouverte à tous, au même endroit, du samedi 30 mars au lundi 1er avril. Le public, les parents et les élèves pourront découvrir le millésime 2019 de l’Odyssée de l’Objet et les visiteurs recevront un bulletin de vote à glisser dans une urne pour élire leur coup de cœur. Enfin, le 5 avril se déroulera la cérémonie de remise des prix, dès 19 heures, en la présence des animateurs Patrice Goldberg et Anne-Laure Macq bien connus des téléspectateurs de la RTBF avec des séquences de retransmission en direct avec le Québec. Pour ce qui concerne le volet international, il suffira de consulter dès le 5 avril le site www.lodysseedelobjet.be

Quels sont les prix remis aux gagnants ?

Il y aura trois podiums pour chaque degré et donc trois premiers prix, des voyages en France, en Italie et en Espagne pour les classes lauréates et leurs professeurs. Quant à ceux et celles qui occuperont les deuxièmes et troisièmes marches du podium, ils recevront des chèques excursions.

Cette année, les élèves québécois sont, eux aussi, sur la ligne de départ du concours, organisé au même moment de l’autre côté de l’Atlantique. Voici le groupe de Benoît Vachon, bien décidé à remporter la palme québécoise. © DR

Vous évoquiez la participation du Québec qui n’est pas seulement télévisuelle puisque la Belle Province a adopté, elle aussi, les principes du même concours en participant à cette Odyssée sans frontière.

J’en suis particulièrement ravi et pas seulement pour les trois séquences en direct que nous partagerons avec le Québec. En matière pédagogique, les Québécois ont une longueur d’avance sur nous ; par contre, ils ne disposaient pas d’un outil aussi pointu que le nôtre. Ils ont tout de suite été séduits par ses qualités pédagogiques et se sont appropriés du concours en établissant leur propre classement de leur côté. Pour revenir au volet international, les objets réalisés par les jeunes de chez nous et par ceux du Québec, ils seront tous présentés sur un site dédié où le public des deux régions pourra exprimer leur coup de cœur à partir du 5 avril au 5 mai prochain. .

Quelle leçon tirez-vous d’une telle expérience et quelles sont vos ambitions pour le futur ?

Ce concours est finalement un prétexte pour rapprocher les jeunes, les sensibiliser au monde de l’entreprise et leur faire prendre conscience de la difficulté de créer à la fois un objet mais aussi les conditions permettant son essor et son développement dans la vraie vie. Bonne nouvelle, il est prévu de poursuivre notre collaboration avec le Québec, ravi de cette première édition commune ! Prochain rendez-vous en sa compagnie en 2020, avec l’espoir que viendra bientôt nous rejoindre la Suisse francophone et, pourquoi pas, plus tard, la France.


L’exposition des objets de survie se déroulera du samedi 30 mars au lundi 1er avril 2019 à l’auditoire Pedro Arrupe de l’Université de Namur de 10 à 16h.
Le vendredi 5 avril 2019, la cérémonie de remise de prix se déroulera dans le même auditoire avec l’animation de Patrice Goldberg et d’Anne-Laure Macq de la RTBF, en duplex entre les deux régions de 19 à 21H.

© DR
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