Belgique

Je ne comprends toujours pourquoi ce garde du corps m’a étranglée. En gros, il m’a traînée sur environ dix mètres, en me tirant par les pieds et en ne se souciant pas du tout du fait que j’étais en train d’être brûlée sur tout le dos. Il m’a maintenue au sol et au lieu de se contenter de me garder immobilisée, il m’a fait une prise d’arts martiaux d’étouffement. Je suis tombée évanouie, cela a duré quelques minutes, puis je me suis réveillée. Et aujourd’hui, du coup, je me retrouve à l’hôpital avec un orteil probablement cassé et le dos brûlé", raconte Margo Fruitier, la leader du mouvement féministe "aux seins nus" en Belgique.

Mardi, effectivement, elle et deux de ses camarades ont manifesté à l’occasion de la visite officielle du chef du gouvernement tunisien Ali Larayedh. Mais voilà, elles sont arrivées au Berlaymont alors que le Premier ministre en question avait déjà pénétré dans le bâtiment.

Elles sont alors revenues au moment de sa sortie, et se sont jetées "seins nus" sur sa voiture, après avoir inscrit les noms de Amina, Marguerite, Josephine, Pauline, Weld el XV et Jabeur Mejri sur leurs corps. Les trois activistes voulaient protester contre la condamnation des trois Femen européennes par un tribunal tunisien le 12 juin dernier. Elles ont été interpellées… particulièrement violemment.

"Cela fait cinq ans que le mouvement existe à l’échelle internationale. Jamais une action Femen, du moins en Europe, n’avait été réprimée avec une telle violence. Ces techniques d’étouffement, c’est ce que l’on utilise face à des gens qui portent des armes ou qui sont extrêmement dangereux. Trois femmes sans armes face à une voiture blindée, dites-moi franchement où était le danger !"

Immédiatement remontée jusqu’aux sphères supérieures du mouvement (Ukraine), l’affaire pourrait donner lieu à un dépôt de plainte contre le garde du corps incriminé. Affaire à suivre.