Belgique

A l'origine et en soi, comme certains d'entre eux aiment le répéter, il est vrai que les skinheads ne sont pas par nature d'extrême droite (en 1992, les «Sharps» de Gand manifestaient même... contre le racisme).

Mais si on leur a cherché différentes origines, comme celle d'une marginalisation de fans spécifiques du rock'n roll dans les années 80, la connotation actuelle attachée aux groupes de «skins» est bien celle de l'extrémisme. Le mélange est d'ailleurs possible, comme dans la tendance musicale «Oï», skin et nationaliste. En Belgique et hormis la violence strictement gratuite, tous les faits notés à leur encontre relèvent en tout cas de cette lecture-là.

Tour de piste, d'abord avec les liens entre les «skins» et le Vlaams Belang. Si on retrouve des membres des deux dans certaines manifestations, il y eut des épisodes orageux. A l'été de 1997, l'un des dirigeants du Blok gantois avait été passé à tabac par des inconnus. Des skinheads, avait-on ensuite indiqué dans ce milieu. Parce que l'autre leur paraissait trop «mou». D'autres épisodes sont plus «amicaux». Dans les années nonante, Yannick P. avait glissé du Blok vers un de ses satellites. Tout en appartenant au groupe skinhead «Excalibur». Autre satellite du VB, le Vlaamse jongeren Mechelen, fondé en 1995, a participé à des «actions» avec des groupes «skins».

La francophonie aussi a les siens. Le pire d'entre tous les cas fut le meurtre d'Elie Farès, en août 1999. Il fut battu à mort à l'âge de 19 ans, en plein Liège, pour la couleur de sa peau. L'enquête reste incertaine, mais la piste des skinheads fut la plus évoquée. Le 21 août 2000, Jean-Marie L. et Frédéric T. sont pris à partie par des «skins», sans aucune raison connue, à Charleroi. Ils sont légèrement blessés. En revanche, les deux skinheads armés ayant agressé Ramisa (12 ans) et son père, le 3 décembre suivant en plein Bruxelles, avaient pu être arrêtés. Sur eux: des croix gammées.

Anvers est-elle singulièrement visée? En décembre 2004, le parquet d'Anvers ouvrait une enquête après qu'une «fête» eût subrepticement réuni quelque 1 500 skinheads et néo-nazis, à Broechem. Sans suite. Et, le 25 novembre 2005, le tribunal correctionnel d'Anvers condamnait Maarten S. qui, à l'âge de 25 ans, avec trois autres «skins» mineurs de Turnhout, avait roué de coups, séparément, plusieurs jeunes hommes. Pendant que ses compagnons urinaient sur l'un d'eux, d'origine étrangère, il avait pris des photos...D R.P.

© La Libre Belgique 2006