Belgique

Comment faire son trou, gagner en notoriété, accroître sa réputation, attirer les étudiants prometteurs et les chercheurs fructueux ? Ces questions, dans le contexte d’une concurrence internationale de plus en plus sévère, les universités belges se les posent au quotidien.

C’est dans ce contexte que l’UCL rejoint en ce mois de novembre le réseau international "The Guild" qui regroupe 16 universités européennes dont le King’s College de Londres, les universités de Bologne, d’Oslo, de Ljubljana ou de Gand (seul autre établissement belge à faire partie de l’association).

Ce réseau, comme le confient le recteur de l’UCL Vincent Blondel et la prorectrice à l’international Dana Samson, répondra à deux grands objectifs.

Viser les collaborations

Le premier est celui de renforcer l’université pour survivre dans le cadre de cette concurrence entre établissements. Un tel réseau devrait renforcer en effet les échanges entre les universités qui en font partie, mais accroître aussi les collaborations, et gonfler les équipes de recherches pour décrocher de précieux financements, européens notamment, destinés à cette recherche. Le marché est ainsi fait qu’une université ne peut plus miser sur ses seules ressources pour se montrer attractive en ce domaine, et tenir le rang face à ses voisines.

Favoriser le lobbying

Le deuxième objectif entend dorer et même redorer le blason de la recherche universitaire auprès des décideurs européens.

"Le réseau The Guild souhaite rétablir des connexions, renouer un dialogue, entre les décideurs européens et la recherche universitaire, explique Dana Samson. C’est-à-dire leur rappeler que celle-ci peut être un outil solide sur lequel ils peuvent appuyer leurs décisions. On observe en effet souvent un écart entre le discours des universitaires et les choix posés par les acteurs politiques."

"The Guild va nous permettre de fédérer nos forces pour faire peser la voix des universités dans le cadre des débats sociétaux", ajoute Vincent Blondel.

Cette volonté de "renforcer le poids et le rôle de la recherche académique" n’est pour autant pas innocente. Elle permettra de rappeler aux décideurs que le financement des recherches n’est pas vain.

Elle offrira en outre l’opportunité de soigner l’aura des universités, de plus en plus concurrencées sur le terrain des avancés scientifiques par des entreprises privées qui investissent massivement dans la recherche.

"Seuls, on ne pourrait plus grand-chose aujourd’hui", admet Dana Samson.

C’est en ce sens qu’elle accompagne, en tant que prorectrice, ce nouveau réseau qui viendra en concurrencer d’autres, déjà présents sur la scène internationale. Parmi ceux-ci, le Leru (pour League of European Research Universities), dont fait partie la KU Leuven s’est déjà offert une solide réputation.