Belgique

Il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer." Les militantes du SNAP -Survivors Network of Those Abused by Priests- ce réseau de soutien aux victimes d’abus sexuels commis par des clercs qui a vu le jour outre-Atlantique mais qui a aussi pignon sur rue en Belgique depuis l’an dernier pourrait fort bien adopter comme devise le mot de Guillaume le Taciturne !

Alors que la commission parlementaire Lalieux a réussi à traduire déjà une série de propositions en mesures pour que l’on ne revive plus les drames de la pédophilie dans l’Eglise, la direction américaine (Barbara Blaine et Barbara Dorris) du SNAP mais aussi sa porte-parole belge, Lieve Halsberghe entendent franchir un seuil supplémentaire en réclamant une véritable enquête indépendante.

A cet effet, elles entendent rassembler les victimes belges de faits de pédophilie cléricaux le 14 septembre prochain à Bruxelles au cours d’une rencontre en un lieu volontairement confidentiel pour ne pas s’exposer à une hypermédiatisation mais il y aura aussi une autre réunion publique celle-là où tous ceux qui veulent encore se mobiliser contre l’Eglise pourront s’exprimer en toute liberté.

Réunies mardi devant la cathédrale de Bruxelles, Barbara Blaine et Lieve Halsberghe ont expliqué que cette démarche s’inscrivait dans le cadre d’une nouvelle grande mobilisation européenne dans les principales capitales. Elle vient évidemment à son heure alors que le torchon brûle entre le Premier ministre irlandais et le Vatican suite à la publication d’un nouveau rapport sur la pédophilie cléricale dont l’Eglise ne sort pas indemne loin s’en faut (voir "LLB" de mardi).

"Si l’on examine ce qui se passe en Irlande, pays très catholique dont le Premier ministre assista aussi à la béatification de Jean-Paul II, il faut être très naïf pour penser que tout a été dit sur la Belgique" , s’exclame Barbara Blaine. Lieve Halsberghe renchérit : "Chez nous, on a posé de bonnes questions mais il n’y a pas eu de recherches sérieuses comme en Irlande ou à Philadelphie. Le Parlement a ouvert la porte mais on doit vraiment poursuivre les investigations." Car "trop de victimes ont encore peur de se manifester. Si nous avons confiance dans le travail du juge De Troy, nous ne pouvons nous retrouver dans la politique de l’Eglise qui veut régler ses problèmes entre quatre murs" . Lieve Halsberghe n’abandonnera en tout cas pas son combat : elle vient de rentrer du Grand Nord canadien où elle a rencontré les victimes du Père belge Eric Dejaeger.