Belgique

Le ministre wallon de l'Agriculture, Benoît Lutgen, a appelé mercredi la Commission européenne à se prononcer clairement face au malaise actuel du monde agricole, qui s'est traduit mercredi dans les rues de Bruxelles par un défilé de tracteurs. La Commission européenne a proposé en mai dernier, cinq ans après une première et importante réforme, un nouvel aménagement de la Politique agricole commune (PAC). La dérégulation des marchés et la renationalisation des aides sont les deux options prises par la Commission, relève Benoît Lutgen (cdH).

"Ces options conduisent à terme à la disparition de notre modèle agricole de type familial au profit d'exploitations industrielles", prédit-il. La libéralisation souhaitée du marché du lait, avec l'abandon progressif du système des quotas, en est à ses yeux le plus bel exemple. Le ministre wallon dit s'opposer totalement à cette libéralisation supplémentaire des marchés. "On ne peut prévoir ce que seront les marchés mondiaux en 2015. Mais surtout, il faut conserver à tout prix des outils de gestion de la production et de l'offre des produits agricoles. C'est une condition sine qua non pour garantir notre auto-suffisance alimentaire, la qualité des produits consommés en Europe et la stabilité des prix, tant pour les agriculteurs que pour les consommateurs", affirme Benoît Lutgen dans un communiqué.

Par ailleurs, les débats au niveau de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) constituent à ses yeux une autre source d'instabilité et d'inquiétudes. "Aujourd'hui, nos produits agricoles répondent à des normes environnementales et sanitaires très strictes. Ils offrent dès lors toutes les garanties aux consommateurs. Il serait inacceptable sur le plan agricole, économique, social et environnemental de voir nos marchés envahis de produits alimentaires issus d'autres continents ne rencontrant pas les mêmes exigences", souligne M. Lutgen.