Manif dangereuse, ce midi à Bruxelles ?

Roland Planchar Publié le - Mis à jour le

Belgique

Le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans (PS), avait deux raisons d'interdire, dès le 9 août, la manifestation "Stop islamisation of Europe" (SIOE) alors annoncée pour ce mardi 11 septembre devant le Parlement européen, au départ du Danemark, du Royaume-Uni et de l'Allemagne.

Pour éviter les provocations

La première, clairement mise en avant dès août, est que le projet était de traverser des quartiers de la capitale à forte présence musulmane, avec le caractère provocateur que cela comporte.

Certes, manifester pour dire l'évidence qu'on pense que le projet européen n'est pas celui du Coran, cela n'a rien de répréhensible. Mais - et là réside la seconde raison - le bourgmestre a dû connaître avant beaucoup d'autres des informations que la police, dans une certaine mesure, et la Sûreté de l'Etat (avec ses homologues d'Europe) avaient mises au jour. A savoir que de nombreux groupes d'extrême droite faisaient davantage que soutenir l'organisation et se proposaient d'y participer massivement. Avec, à la clef, le risque qu'il y ait même bien davantage que de la provocation dans les rues bruxelloises, six ans tout juste après la chute des "Twin Towers" new-yorkaises...

Plusieurs pays

Or, du côté des services de renseignement, on n'a pu apaiser les craintes de M. Thielemans, depuis.

Alors que la police scrutait les "blogs" et les "forums" Internet pour suivre les discussions, la Sûreté, de son côté, tenait encore pour possible, lundi, que plusieurs centaines de manifestants débarquent ce mardi à Bruxelles.

Au lieu des milliers promis par la SIOE (qui a maintenu le "rendez-vous" malgré l'interdiction), certes, mais avec une modification notable : la mobilisation ne se fait désormais plus chez tous les organisateurs de base, dont certains entendent respecter l'interdiction.

"Il y a un fort dégonflement, c'est évident, mais les "services", belge et étrangers, ont détecté des projets de voyage à Bruxelles de groupes extrémistes de droite au départ du Danemark et d'au moins un autre pays scandinave ainsi que du Royaume-Uni, ça on le savait d'emblée, mais aussi de Tchéquie, de Hongrie et de Pologne", nous disait-on lundi encore dans le milieu du renseignement. Et pas d'Allemagne, semble-t-il, après le retrait de l'organisateur germanique initial.

S'il est difficile de chiffrer la concentration avec précision - on verra bien aujourd'hui ce qu'il en aura été -, on comprend mieux que la police soit mobilisée en nombre, elle aussi.

Les policiers nombreux

Ni elle, ni la Ville de Bruxelles n'ont souhaité détailler les mesures qui seront prises - on sait seulement que les policiers seront bel et bien présents dans les environs pour les manifestants, mais également, au besoin, pour les... contre-manifestants, qui pourraient se regrouper de manière plus ou moins spontanée (là aussi, il y a surveillance...).

Dans l'illégalité

Officiellement, on répète cependant volontiers que toutes les personnes qui seront présentes pour la SIOE ou pour s'opposer à elle seront dans l'illégalité. A bon entendeur.

Roland Planchar

A lire également

Ailleurs sur le web

Les + consultés de la semaine

cover-ci

Cover-PM

Facebook