Belgique

Le secteur du non-marchand promet encore de nouvelles actions avant Noël ou Nouvel An si la ministre de la Santé Maggie De Block reste sur ses positions concernant la fin de carrière, a indiqué dans un discours, lors de la manifestation jeudi à Bruxelles, Mark Selleslach, du syndicat chrétien LBC-NVK. "Nous étions 20.000 aujourd'hui. Il n'y a pas de tapis assez grand sous lequel cacher ce signal", ajoute le représentant syndical.

Les syndicats promettent de nouvelles actions en décembre si le gouvernement ne change pas de cap concernant l'aménagement de fin de carrière.

Ils indiquent toutefois qu'ils attendront d'abord l'issue de la concertation avec les différents ministres avant de prévoir concrètement de nouvelles actions.

Fin du cortège vers 14h00; la gare Centrale saturée

Vers 14h00, le cortège formé par les manifestants du secteur non-marchand s'est dissous. Les participants reprenaient le train à la Gare de Bruxelles-Central ou les cars affrétés par les syndicats. Entre 17.000 et 20.000 personnes ont participé à la manifestation du secteur non-marchand.

La police locale conseillait jeudi après-midi de se rendre à la gare du Midi ou à la gare du Nord, la gare Centrale étant encombrée et dès lors inaccessible.


Demotte: "Des enveloppes ont été dégagées en soutien au secteur"

"Des enveloppes ont été dégagées au sein du budget initial 2017 en soutien au secteur non-marchand", affirme jeudi le cabinet du ministre-président de la Fédération wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte. Il répond ainsi aux syndicats qui ont affirmé à l'issue d'une réunion tenue dans la matinée que "pas un euro" n'avait été affecté au secteur. En marge de la manifestation qui a rassemblé entre 17.000 et 20.000 travailleurs du secteur non-marchand à Bruxelles, une réunion s'est tenue entre les membres du gouvernement communautaire et le front commun syndical du secteur non-marchand, en l'absence de Rudy Demotte, retenu au sommet de la Francophonie à Madagascar.

"Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est dans la même logique que le fédéral. Il promet l'établissement d'un calendrier de discussions, mais aucun budget n'est prévu", avait notamment avancé Christian Masai, secrétaire fédéral Setca. "Il n'y a pas un euro pour conclure un accord social."

Le gouvernement Demotte conteste ces affirmations. "Des groupes de travail seront en effet mis en place afin de chiffrer leurs revendications", a confirmé le cabinet du ministre-président qui rappelle que "contrairement au fédéral, il a veillé à épargner de mesures d'économies ce secteur".

"Des enveloppes ont été dégagées au sein du budget initial 2017 en soutien au secteur non-marchand", ajoute le cabinet, citant notamment des nouveaux moyens octroyés pour l'aide à la jeunesse (+11,3 millions d'euros), l'accueil d'urgence de la petite enfance (+3,5 millions), l'éducation permanente (+1,75 millions), la culture (+3,5 millions) ou encore la jeunesse (+2,5 millions).

En Fédération Wallonie-Bruxelles, le non-marchand représente quelque 25.000 travailleurs, selon une estimation de la CNE. Ceux-ci sont principalement occupés dans les secteurs de l'aide à la jeunesse (8.000), le socio-culturel (8.000) et l'accueil de l'enfance et de la petite enfance (7.600).


"Un calendrier de négociations prévu mais pas de budget"

Les représentants syndicaux du non-marchand ont rencontré les ministres fédéraux de la Santé, Maggie De Block, de l'Emploi et de l'Economie Kris Peeters ainsi que le Premier ministre Charles Michel au 16, rue de la Loi.

Les syndicats réclament un calendrier pour les négociations et déplorent l'absence de budget. "Nous avons répété de façon très claire qu'il n'y avait toujours pas de calendrier de négociations, ce qui est inacceptable. Il y a urgence", a indiqué à l'agence Belga Yves Hellendorff, secrétaire national CNE, à l'issue de la rencontre. De plus, "nous constatons que Maggie De Block prend des mesures négatives pour le personnel, ce que nous voyons comme une déclaration de guerre et qui pourrait mener à des grèves."

"Le gouvernement nous a promis que des négociations seraient entamées rapidement et a mandaté Maggie de Block et Kris Peeters pour mettre en place un calendrier de discussions", poursuit-il.

"Les membres du gouvernement ont proposé l'établissement d'un calendrier de discussions, mais aucun budget n'est prévu, ce n'est pas sérieux!", réagit Christian Masai, secrétaire fédéral du Setca non-marchand. "Par exemple, quand on parle du pouvoir d'achat, le gouvernement répond: normes salariales. Or, les normes salariales n'ont aucun sens dans le non-marchand. D'ailleurs, quand elles étaient positives, elles n'étaient pas appliquées au secteur."

Sur la fin de carrière, Maggie de Block dit "on peut en discuter, mais là non plus, pas de budget". "Il faudra sans doute d'autres manifestations", conclut M. Masai.


"Pas un euro pour un accord social" en Fédération Wallonie-Bruxelles

"Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles est dans la même logique que le fédéral. Il promet l'établissement d'un calendrier de discussions, mais aucun budget n'est prévu", a indiqué Christian Masai, secrétaire fédéral Setca, à l'issue d'une entrevue avec les membres du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, place Surlet de Chokier à Bruxelles.

"La seule bonne nouvelle, c'est que l'ensemble des membres du gouvernement étaient présents, à l'exception du ministre-président Rudy Demotte en voyage en Tunisie", a indiqué pour sa part Patricia Piette, secrétaire nationale permanente CNE, devant les manifestants. "Ils disent trouver nos revendications légitimes, mais pas davantage qu'il y a six mois. Il nous ont ressorti mot pour mot le même discours qu'à l'époque. Ils promettent une évaluation budgétaire pour le premier trimestre de l'année 2017. Ils avaient déjà dit la même chose pour 2016. Conclusion: ils ne proposent rien pour améliorer nos conditions de travail. C'est inadmissible."

Pour Christian Masai, "le gouvernement francophone s'est engagé à établir un calendrier serré de discussions. Mais il n'y a pas un euro pour conclure un accord social. Ils affirment vouloir venir au premier trimestre 2017 avec une évaluation précise des besoins du secteur. Très bien. Mais on peut déjà avancer dès à présent et aboutir progressivement à l'harmonisation salariale."


Environ 17.000 personnes selon la police

A l'appel du front commun syndical, plusieurs milliers de travailleurs du secteur non-marchand sont partis de la gare du Nord de Bruxelles ce jeudi matin. Le départ initialement prévu à 10h30 a finalement était donné vers 10h50. Les manifestants contestent les mesures d'économies prises par les différents gouvernement du pays, réclament une amélioration des conditions de travail et appellent à la conclusion de nouveaux accords sociaux.

Le cortège, composé d'environ 20.000 personnes selon les syndicats, 17.000 selon la police, a pris la direction de la place de l'Albertine en passant devant le siège du gouvernement flamand, place des Martyrs, le cabinet de la ministre de la Santé Maggie De Block situé tour des Finances et le siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles place Surlet de Chokier. La dissolution est prévue vers 15h00.

Après avoir été reçues à 8h30 par le gouvernement fédéral au 16, rue de la Loi, des délégations de travailleurs ont rencontré à 11h00 le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Une réunion est prévue avec le gouvernement wallon le 9 décembre prochain à 16h00 au cabinet du ministre Maxime Prévot à Namur.

Chaque gouvernement a reçu un cahier de revendications spécifique.

Le non-marchand emploie de 400.000 à 525.000 travailleurs, selon les estimations respectives du Setca et de la CNE. Il couvre des secteurs très divers comme la santé, l'aide à la jeunesse et le socio-culturel.

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