Belgique

Quelques centaines de personnes étrangères en situation irrégulière sur le territoire belge manifestent depuis 14h30, jeudi, devant l'Office des étrangers à Bruxelles, pour obtenir des explications sur les circonstances qui ont mené un homme à s'immoler par le feu en matinée dans ses locaux.

Les jours de cet individu sont en danger. Les manifestants veulent également connaître les circonstances du décès de l'homme retrouvé mort, jeudi matin également, au centre fermé de Merksplas. Selon les premières informations obtenues par le CRER (Coordination contre les Rafles, les Expulsions et pour la Régularisation), le détenu de Merksplas s'est pendu. L'homme, enfermé depuis deux mois, avait arrêté de manger en début de semaine. En signe de protestation, ses codétenus ont décidé de jeûner.

Le Front des migrants manifestait jeudi déjà depuis 11h00 à la rue de la Loi, dans le cadre de sa mobilisation en cours depuis 4 mois pour donner une visibilité à la cause des "sans-papiers". A la suite de l'annonce de l'immolation, les manifestants de ce mouvement ont eux aussi décidé de se diriger vers l'Office des étrangers.

"Il y a des fouilles à l'entrée", remarque Samba, porte-parole d'une autre organisation présente, la Voix des sans-papiers. "On ne comprend pas comment il aurait pu entrer avec un briquet... On veut avoir des explications". Oscar Flores, porte-parole du CRER, relève, sur base des rapports de l'Office des étrangers, qu'il y a des suicides et des overdoses chaque année dans les centres fermés: "Cette politique d'immigration criminalise les gens et les pousse à commettre des actes de désespoir. Les centres fermés de Merksplas et de Bruges sont des anciennes prisons transformées. Ce sont des conditions de détention très dures."


"Journée noire pour la politique migratoire belge", après deux suicides (CIRE)

Le jeudi 2 avril 2015 restera gravé comme une journée noire pour les migrants et pour la politique migratoire belge, après le suicide de deux personnes auxquelles la Belgique avait refusé le droit de séjour, a indiqué vendredi le CIRE (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers). Cette structure pluraliste dénonce le coût humain des politiques migratoires belges.

"Ces actes de désespoir ont été posés en deux lieux hautement symboliques", relève le CIRE. Selon le parquet de Bruxelles, un demandeur d'asile guinéen âgé de 25 ans s'est immolé par le feu jeudi soir dans des toilettes de Fedasil (l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile). L'autre demandeur d'asile, d'origine marocaine, a été retrouvé mort jeudi matin au centre fermé de Merksplas après avoir mis fin à ses jours, d'après l'Office des étrangers.

"Le cri de détresse de ces deux hommes, l'un provenant d'un pays connu pour son insécurité, la Guinée, et l'autre étant en Belgique depuis 16 ans, fait écho à la détresse de dizaines de milliers de personnes migrantes sans droit de séjour dans notre pays. Des personnes qui ont fui des réalités dures en quête d'une vie meilleure, et qui se retrouvent condamnées soit à une précarité extrême ici, soit à un insupportable retour là-bas", souligne le CIRE.

L'ONG demande aux responsables politiques, dont le Secrétaire d'État à l'asile et à la migration Theo Francken, "d'assumer le lien entre leurs choix et la détresse qu'ils contribuent grandement à produire".