Belgique

Des informations ont été reçues selon lesquelles des nouveaux combattants de l'Etat islamique ont été envoyés vers l'Europe et la Belgique, a indiqué l'Ocam ce mardi. L'Organe de coordination pour l'analyse de la menace ajoute que le niveau de la menace terroriste en Belgique reste à 3 (sur une échelle de 4). La menace terroriste signifie donc que le risque d'une attaque reste "possible" et "vraisemblable", quatre semaines après les attentats qui ont touché Bruxelles et Zaventem.

"L'enquête s'est déroulée de manière intense et a connu de sérieuses progressions", a souligné le patron de l'Ocam Paul Van Tigchelt. "Mais le danger n'est pas écarté."

De plus, l'Ocam a reçu des "signaux" montrant que des combattants (Foreign Terrorist Fighters) ont été envoyés par l'Etat islamique vers l'Europe, mais aussi la Belgique, ou qu'ils souhaitent revenir. Au sujet de ceux-ci, le patron de l'Ocam n'a pas fait davantage de commentaires.

Il se dit pourtant depuis quelques semaines que Younes Abaaoud, âgé de 15 ans, est de retour en Belgique pour venger la mort de son frère Abdelhamid. Ce dernier est l’instigateur présumé de la cellule terroriste de Verviers et des attentats de Paris. Il a trouvé la mort en novembre dernier lors d’une grande action antiterroriste menée à Saint-Denis, dans la banlieue de Paris, en réaction aux attentats du 13 novembre.

Paul Van Tigchelt a confirmé qu'il était "avéré que le jeune (Younes) était parti ou avait été enlevé vers la Syrie", mais n'a pas donné plus d'informations sur sa position actuelle, "pour ne pas compromettre l'enquête en cours".

Alain Lefevre, directeur général du centre de crise, est, lui, revenu sur les mesures de sécurité actuellement mises en place. "Après une analyse le 15 avril dernier, des mesures de sécurité renforcées ont été appliquées." Ces dernières visent les sites stratégiques, comme Brussels Airport et les aéroports régionaux, les onze grandes gares du pays, les transports en commun (le métro bruxellois en particulier) ainsi que les sites nucélaires et radiologiques. Outre ces lieux, sont aussi concernées les "soft targets", endroits à forte concentration de personnes, soit par exemple les centres commerciaux ou les cinémas.

Concernant les appels qui ont été reçus au centre de crise le jour des attentats, M. Lefevre indique que les éléments "concernant la chronologie des faits sont gardés pour la commission d'enquête". "Quand le centre de crise reçoit une information, il faut la collecter, la vérifier, l'analyser, l'évaluer et, ensuite, décider de manière collégiale quelles sont les mesures à prendre au cas par cas. Il n'y a pas d'automatismes." Après l'attentat dans le métro à Maelbeek, "beaucoup d'informations contradictoires ont par exemple été reçues", notamment concernant le lieu exact de l'attaque, a-t-il conclu.