Belgique

La menace ne se circonscrirait plus au seul Salah Abdeslam. Retour sur les faits marquants de ce week-end.

Beaucoup se sont demandés pourquoi l’OCAM a recommandé au gouvernement fédéral de placer la région bruxelloise en alerte maximale. Un début de réponse est venu, dimanche matin, de la bouche du bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt (FDF), qui a évoqué la présence de “deux terroristes” qui pourraient être amenés à poser des actes très dangereux. L’un d’eux pourrait être porteur d’une bombe.

De son côté, France Info indiquait que les forces de l'ordre mèneraient l'enquête auprès d'une dizaine de personnes qui entendraient réaliser des attaques similaires à celles qui ont frappé Paris.

Selon le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V), qui s’exprimait à la RTBF, dimanche, les enquêteurs connaissent “certaines identités” de personnes recherchées lesquelles sont “très déterminées”. Samedi soir, le ministre de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA) avait évoqué la présence de “plusieurs suspects”. “La menace terroriste en Belgique ne sera pas éteinte une fois que Salah Abdeslam, le principal suspect toujours en fuite, sera mis hors d’état de nuire. La menace est plus large.”, a-t-il affirmé.

Par ailleurs, une perquisition a été menée au domicile de Laeken du suspect placé, vendredi, sous mandat d’arrêt, a indiqué le parquet fédéral. Quelques armes ont été découvertes mais pas d’explosifs ni de ceinture explosive. Le suspect avait été interpellé, jeudi, lors de la série de perquisitions menées à Bruxelles. L’intéressé, A.E., 39 ans, est soupçonné de participation à des attentats terroristes et de participation aux activités d’un groupe terroriste. Il nie toute implication, a indiqué son avocat Me Thomas Descamps.

De son côté, Hamza Attouh, l’un des deux hommes qui ont conduit Salah Abdeslam en voiture de Paris jusqu’à Bruxelles, après les attentats, a fait une nouvelle déclaration aux enquêteurs, rapportait, samedi, son avocate Carine Couquelet. Il a admis que Salah Abdeslam était menaçant, et “peut-être porteur d’explosifs”.

On a appris également que les forces spéciales de la police fédérale sont intervenues, samedi après-midi, sur la place du Grand Sablon à Bruxelles. En cause, un véhicule suspect avec quatre personnes à bord qui ont été interpellées. Toujours samedi, un gros déploiement de forces de l’ordre a été observé sur l’aire autoroutière de Bierges mais il s’agissait d’une fausse alerte. Les policiers ont intercepté “trois vieilles ambulances transportant des hommes barbus”. Ces trois véhicules immatriculés en Grande-Bretagne ont été fouillés. On y a trouvé des vêtements, de la nourriture et de l’argent. Les occupants des ambulances faisaient partie d’un convoi humanitaire à destination de la Turquie.

Un Belge alpagué en Turquie

De son côté, la police turque a interpellé un Belge d’origine marocaine soupçonné d’avoir effectué des repérages en vue des attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis, rapportait, samedi, l’agence de presse turque Dogan. Ahmet Dahmani, 26 ans, a été appréhendé dans un hôtel de luxe d’Antalya, selon Dogan. Deux Syriens auraient été interpellés à proximité. Ils sont soupçonnés d’avoir été envoyés par l’Etat islamique (EI) pour aider le Belge à passer la frontière syrienne.

Le kamikaze inconnu de la justice

En France, sept des huit personnes interpellées, mercredi, lors de l’assaut policier contre un appartement de Saint-Denis où s’était retranché l’organisateur présumé des attentats du 13 novembre, Abdelhamid Abaaoud, ont été relâchées samedi. Celui qui avait fourni l’appartement à Abaaoud reste en revanche en garde à vue.

Le kamikaze qui s’est fait exploser dans l’appartement de Saint-Denis n’était pas connu de la police française, a, par ailleurs, affirmé, samedi, une source policière.

Son ADN ne correspond à celui d’aucune personne déjà condamnée ou mise en cause par la police. Les enquêteurs n’ont pas encore pu établir si cet homme était passé par la Grèce parmi les réfugiés fuyant la guerre en Syrie.