Belgique Mireille De Lauw est jugée pour avoir tué son mari après 25 ans de mauvais traitements.

Ses proches et soutiens l’ont déjà qualifiée de "Jacqueline Sauvage belge", du nom de cette Française, récemment graciée par le président Hollande, qui a tué son mari qui les a maltraitées, elle et ses filles, depuis des années.

Le procès de Mireille De Lauw qui s’ouvre ce jeudi devant les assises de Bruxelles s’annonce donc d’ores et déjà chargé émotionnellement. Il n’y a pas de doute sur la matérialité des faits : l’accusée a bien assassiné Agim Recica, son mari et le père de leurs quatre enfants. Mireille De Lauw, 48 ans aujourd’hui, est en aveux.

Elle a expliqué que, le vendredi soir, elle lui a administré des médicaments dans son café pour l’anesthésier. Il s’est réveillé le lendemain. Elle lui a servi une nouvelle dose. Le soir, elle l’a conduit dans sa chambre. Elle lui a lié les pieds et les mains. Elle lui a porté un premier coup de matraque. Alors qu’il lui répondait que "oui", il avait mal, elle lui a dit que "moi, j’ai eu mal pendant 25 ans, tu m’as tout pris".

Alors qu’il la suppliait d’arrêter, elle a continué de le frapper. Elle l’a achevé à coups de couteau après lui avoir posé du scotch sur la bouche tout en lui disant que cela faisait 25 ans qu’elle souhaitait qu’il se taise et que maintenant il allait la fermer.

La scène s’est tenue dans la nuit du samedi au dimanche. Plusieurs de leurs enfants, alors âgés de 14 à 25 ans, étaient présents mais n’ont rien entendu. Ce n’est que le dimanche soir qu’elle a prévenu sa sœur qui a fait appel à la police. C’est alors seulement que les enfants découvriront l’horreur des faits.

Une dispute au sujet de leur fille

Mireille De Lauw a expliqué qu’elle n’en pouvait plus de cet homme violent et père absent. Le déclic est survenu dans la nuit du mercredi au jeudi lorsqu’il l’aurait à nouveau frappée, s’occasionnant une fracture communément appelée, ont dit les médecins, "la fracture du boxeur".

Il lui reprochait l’éducation de leur fille, âgée de 14 ans, dont il n’acceptait pas le piercing, les vêtements et la coiffure. Il avait menacé de l’envoyer en Macédoine où lui-même était né.

Sa défense plaidera la force irrésistible, cette exposition à "une contrainte par une force à laquelle le sujet n’a pu résister" qui fait qu’il n’y a pas d’infraction. Mireille De Lauw, qui a purgé trois mois de préventive, le dit avec ses mots, sur son compte Facebook où elle appelle aux dons pour financer sa défense : "C’était lui ou moi".