Belgique

Catherine Moureaux, bourgmestre de la commune de Molenbeek, a été interrogée par la VRT sur les solutions qu'elle envisage pour éviter les dérapages dans sa commune.

Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, la commune bruxelloise a été le théâtre de violences. Plusieurs voitures ont été incendiées et des façades ont été endommagées. La fille de l'ancien bourgmestre considère qu'il y avait assez d'agents mobilisés le soir du Nouvel An mais évoque un "sous-financement de la zone de police et d'un climat d'émeute".

"J'aimerais parler aux parents et trouver des solutions structurelles pour empêcher ces jeunes d'être dans la rue la nuit", a-t-elle ajouté. Un nouveau plan d'action est également en cours d'élaboration : "Nous travaillons actuellement à l'élaboration d'un plan visant à réunir autour de la table les services de prévention, de jeunesse et d'urgence."

L'une des solutions proposées par Catherine Moureaux consiste aussi à mettre en place plus de fêtes afin d'éviter que celles organisées par les jeunes de la commune ne dérapent.

Les politiques réagissent

Cette déclaration de la bourgmestre a fait grincer les dents de plusieurs politiques, notamment celles de Georges-Louis Bouchez.

La principale intéressée n'a pas tardé à répondre au chef de file MR de Mons. "Si tu regardais l’ensemble de l’intervention au lieu d’isoler la phrase qui t’arrange pour l’interpréter à ta façon. Merci", a-t-elle tweeté, accompagné du hashtag #HonnêtetéIntellectuelle.

De son côté, Assita Kanko, ex-MR et nouvelle recrue bruxelloise de la N-VA, a épinglé la "politique du PS", ajoutant qu'"il y a du pain sur la planche".

Elke Van den Brandt, députée Groen réagit suite à la déclaration de la bourgmestre et condamne fermement les comportements dans les rues de la commune. "Brûler votre rue - au sens propre comme au figuré - n’est pas une fête, mais un comportement crapuleux."


Relayée par Belga, la secrétaire d'Etat bruxelloise à l'Egalité des chances Bianca Debaets (CD&V) a réagi "avec stupéfaction" à l'interview. "L'analyse de la bourgmestre relève de la politique de l'autruche. Elle qualifie les scènes d'émeutes et le vandalisme de 'fêtes de jeunes', comme cela se passe aussi à l'étranger. Le remède qu'elle propose est tout aussi risible: 'organiser des concerts pendant les fêtes de fin d'année'. Mme la bourgmestre: il existe déjà des concerts à cette période ainsi qu'un feu d'artifice gratuit. Vous excusez des comportements qui ne peuvent pas l'être", lance Mme Debaets.

La secrétaire d'Etat estime qu'il est grand temps que les auteurs soient réellement sanctionnés et que la commune de Molenbeek et ses jeunes profitent réellement des chances qui leur sont offertes. "Les auteurs d'actes de vandalisme doivent être recherchés et poursuivis. Ils sont responsables de ce qu'ils ont commis. Leurs parents aussi doivent aussi regarder les choses en face."

De son côté, Etienne Dujardin, conseiller communal MR de Woluwe-Saint-Pierre, rappelle que "Moureaux avant les graves incidents du Nouvel an voulait revoir le plan canal trop strict. Après les incidents, elle souhaite 'organiser plus de concerts pour éviter que les jeunes organisent leurs propres fêtes'". Selon le libéral, "cette gauche laxiste ne comprendra jamais. C'est affligeant".